Pendant des années, j’ai été admirative du système éducatif français. À l’époque, mon aîné allait avec joie à la crèche et j’étais enceinte de mon second. J’ai même écrit un livre sur ce remarquable système et les leçons que l’Allemagne pourrait en tirer. J’ai rencontré des éducatrices engagées et des structures formidables. J’étais aux anges : enfin, il n’était pas anormal d’être une mère et de travailler à plein temps.

Quatre ans plus tôt, mon mari et moi-même avions quitté la Ruhr pour nous installer dans un village du sud de la France, sans grands-parents à proximité. Mais, en France, cela ne semblait pas poser de problème. Les puéricultrices et les autres parents avec qui nous étions devenus amis nous faisaient sentir que le mieux pour notre garçon était d’aller à la crèche jouer avec des petits camarades de son âge.

Une fois, après une grosse journée, je ne suis venue le récupérer qu’à 18 h 30, essoufflée et avec un pincement au cœur : j’étais la dernière. Son éducatrice, elle, m’a accueillie avec un grand sourire : “Votre fils m’a eue rien que pour lui.”

J’adorais la France : elle ne me faisait pas culpabiliser parce que j’avais envie de consacrer mes journées à mon travail d’écriture et de recherche, au lieu de m’arrêter à 13 h 30 comme c’est généralement le cas en Allem