« Force de la classe ouvrière », rappelle la statue en bronze d’une « jeune famille » socialiste composée du père, de la mère et d’un enfant, qui accueille depuis 1965 les visiteurs à l’entrée de la raffinerie de Schwedt (Allemagne), située à la frontière polonaise. Emblème de l’ex-République démocratique allemande, ce complexe pétrochimique, aussi étendu que la ville voisine du même nom, se trouve aujourd’hui au cœur des tensions géopolitiques mondiales.
Il est devenu, malgré lui, le symbole de la difficulté de l’Allemagne à se défaire de sa dépendance au pétrole russe, dont l’étendue a été révélée par la guerre en Ukraine. Alimenté pendant près de soixante ans depuis les gisements de l’Oural – sur près de 5 000 kilomètres – grâce à un oléoduc baptisé Druzhba – « amitié » –, ce site, qui est toujours la propriété du groupe russe Rosneft, craint aujourd’hui pour son avenir.
Connu ici sous le nom de PCK, pour « Petrolchemie und Kraftstoffe » – Pétrochimie et carburants – il occupe une place particulière parmi les onze raffineries en activité outre-Rhin. Il alimente non seulement toute la capitale en carburants et fioul, mais aussi une partie de l’est de l’Allemagne, ainsi que certains de ses voisins, la Pologne, l’Autriche et la Suisse. L’aéroport de Berlin, les réseaux de transport routier, les stations-service, mais aussi les systèmes de chauffage d’une partie des logements de la région… tous en dépendent.
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