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Après l’échec prévisible des inscriptions d’électeurs, le CEP de Fils-Aimé osera-t-il ouvrir la voie aux candidatures ?

L’opération d’inscription des électeurs, lancée le 20 juillet 2026 et censée se poursuivre jusqu’au 13 octobre, s’annonce d’ores et déjà comme un échec cuisant. Avec des chiffres internes évoquant moins de 40 000 inscrits après plus de dix jours, le registre électoral peine à d?

Après l’échec prévisible des inscriptions d’électeurs, le CEP de Fils-Aimé osera-t-il ouvrir la voie aux candidatures ?
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3 août 2026
Après l’échec prévisible des inscriptions d’électeurs, le CEP de Fils-Aimé osera-t-il ouvrir la voie aux candidatures ? 
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Après l’échec prévisible des inscriptions d’électeurs, le CEP de Fils-Aimé osera-t-il ouvrir la voie aux candidatures ? 

  • by Rezo Nodwes
  • 2 août 2026
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L’opération d’inscription des électeurs, lancée le 20 juillet 2026 et censée se poursuivre  jusqu’au 13 octobre, s’annonce d’ores et déjà comme un échec cuisant. Avec des chiffres  internes évoquant moins de 40 000 inscrits après plus de dix jours, le registre électoral peine à  décoller. Dans ce contexte, une question brûle les lèvres : le Conseil Électoral Provisoire  (CEP), sous l’influence du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, osera-t-il lancer, comme  prévu, la période d’inscription des candidats du 20 août au 2 octobre 2026 ? 

Le calendrier officiel est clair. Après les groupements politiques et les inscriptions  d’électeurs, vient le tour des candidatures. Le décret électoral de juin 2026, modifié en juillet,  fixe des conditions précises et souvent exigeantes pour chaque poste électif. Pour la  présidence, il faut notamment être Haïtien d’origine, âgé d’au moins 35 ans, résider en Haïti  depuis cinq ans, justifier du paiement de taxes sur plusieurs années et, le cas échéant, avoir  reçu décharge de gestion des deniers publics. Pour le Sénat, l’âge minimal est de 30 ans avec  des exigences de résidence départementale. Pour la députation, 25 ans et une résidence dans la  circonscription. Des attestations sur l’honneur, des casiers judiciaires et d’autres pièces  viennent alourdir les dossiers. Ces dispositions, loin d’être anodines, rendent déjà l’accès au  scrutin sélectif. 

Mais au-delà des formalités administratives, c’est la réalité sécuritaire qui va constituer le  véritable filtre. Dans un pays où les gangs contrôlent de larges portions du territoire, où les  kidnappings, les racketts et les exécutions sommaires font partie du quotidien, se déclarer  candidat n’est pas un simple acte politique. C’est un risque existentiel. Campagnes, meetings,  déplacements, affichage : tout cela expose directement les prétendants et leurs équipes. 

C’est précisément ici que l’heure de vérité approche. Seuls ceux qui disposent d’une  protection réelle – ou d’une forme de « laissez-passer » – pourront raisonnablement envisager  de mener campagne sans être immédiatement menacés, enlevés ou éliminés. Dans ce  contexte, les candidatures qui émergeront diront beaucoup. Elles révéleront, de facto, qui peut  circuler et militer en relative sécurité. Et, par ricochet, elles mettront en lumière les réseaux de  protection, les arrangements locaux et, potentiellement, les proximités avec les groupes armés  qui tiennent le terrain. 

Le CEP se retrouve donc face à un dilemme redoutable. Lancer l’inscription des candidats  malgré l’échec des inscriptions d’électeurs, c’est risquer d’organiser un processus à double  vitesse : un registre électoral famélique d’un côté, et de l’autre des candidatures réservées à  

ceux qui peuvent se permettre le luxe de la sécurité. Ne pas le lancer, c’est reconnaître  publiquement que le calendrier du 13 décembre 2026 est déjà mort. Dans les deux cas, la  crédibilité de l’institution est engagée. 

Le décret électoral impose des obligations strictes, mais il ne peut rien contre la terreur. Un  candidat peut remplir toutes les conditions de nationalité, d’âge, de résidence et de moralité  prévues par le texte. Il peut déposer un dossier complet, payer les frais d’inscription et obtenir  son agrément. Mais s’il ne peut pas tenir un seul meeting sans risquer sa vie, sa candidature  reste purement formelle. Le droit électoral se heurte ici à la loi du plus fort. 

Cette situation place les partis politiques devant leurs responsabilités. Ceux qui pousseront des  candidatures dans les zones sous contrôle des gangs devront expliquer comment leurs 

militants pourront faire campagne. Ceux qui s’abstiendront devront justifier leur silence. Et  ceux qui réussiront à déployer une présence visible sans être inquiétés attireront  inévitablement les regards et les questions. L’inscription des candidats deviendra ainsi un  révélateur involontaire des rapports de force réels sur le terrain. 

Le CEP de Fils-Aimé, s’il décide d’ouvrir la période du 20 août au 2 octobre, prendra le  risque de formaliser un processus profondément inégal. Il entérinera le fait que la compétition  électorale n’est accessible qu’à une catégorie particulière d’acteurs : ceux qui bénéficient  d’une forme de protection ou de neutralité de la part des groupes armés. Dans un tel scénario,  les élections du 13 décembre, déjà fragilisées par un registre électoral poussif, perdraient toute  prétention à l’équité. 

À l’inverse, reporter ou suspendre l’inscription des candidats reviendrait à admettre que les  conditions minimales ne sont pas réunies. Ce serait un aveu d’échec, mais aussi un acte de  lucidité. Car continuer à enchaîner les étapes formelles – groupements, électeurs, candidats – sans jamais résoudre la question sécuritaire, c’est construire un édifice sur du sable. 

L’heure de vérité approche donc pour tout le monde. Pour le CEP, qui doit décider s’il ose  franchir le pas. Pour les partis politiques, qui devront sortir de l’ambiguïté. Et pour les  citoyens, qui observeront qui ose réellement se présenter… et surtout qui peut le faire sans  trembler. 

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