Quelque 80 hectares des installations de recherche en Gironde de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae) ont été détruits par le feu extrême de Saumos, fin juillet. Céline Meredieu, écologue, qui travaille sur l’expérimentation et la modélisation de la forêt cultivée, et Christophe Plomion, généticien, spécialiste de l’adaptation des forêts au dérèglement climatique, détaillent les conséquences de cette catastrophe sur les recherches en cours et à venir.
En quoi la recherche scientifique est-elle affectée par la destruction de parcelles forestières ?
Christophe Plomion : Cela ne se résume pas à une destruction d’équipements sur des parcelles expérimentales. Ce qui a brûlé, ce sont des décennies d’investissement scientifique de femmes et d’hommes. C’est la possibilité de poursuivre des expériences dont la valeur augmentait avec le temps. La perte scientifique est irréversible, car les arbres qu’on replantera n’auront pas tout de suite 20 ou 30 ans. Le comble est que les dérèglements climatiques détruisent une partie des moyens qui permettaient de les étudier. Mais c’est aussi une opportunité, ces sites incendiés devenant objets de recherche.
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