En ce matin de juin, le rond-point de Keur Massar a des allures de ruche. Le carrefour, surplombé par un pont menant à Dakar, la capitale sénégalaise située à 25 kilomètres, s’anime autour des échoppes de téléphonie et d’habillement. Sur les trottoirs, des vendeurs à la criée écoulent des piles de vêtements d’occasion sous le regard d’un gendarme affecté à la sécurisation de l’un des marchés les plus denses de la région. En marge du tumulte, par petits groupes, de jeunes hommes font le pied de grue au bord de la route.
Venus avec une truelle, d’autres avec une scie, ils espèrent trouver un employeur pour la journée. Lors de la présidentielle de mars 2024, beaucoup ont été de fervents soutiens d’Ousmane Sonko et du candidat de son parti, les Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (Pastef), Bassirou Diomaye Faye. Mais l’euphorie a fait place au désenchantement. Pas tant parce que le tandem que formait le premier ministre et le chef de l’Etat a explosé en vol – le premier a été remercié le 22 mai –, qu’en raison des difficultés économiques dans lequel le pays est embourbé.
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