Trois semaines avant le premier tour du scrutin présidentiel du 4 octobre, le 13 septembre, le Parti des travailleurs (PT) a appelé ses militants à défiler dans les rues pour soutenir le président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva, 80 ans. Candidat à sa réélection, il est au coude-à-coude dans les sondages avec son adversaire d’extrême droite, Flavio Bolsonaro – le fils de l’ancien président Jair Bolsonaro (2019-2022). Mais seules quelques grappes de manifestants sont descendues dans les rues et la manifestation a suscité peu d’écho dans les médias.
Quarante-six ans après sa naissance en 1980, sous la dictature militaire (1964-1985), le PT, qui a gouverné le Brésil à cinq reprises, semble à bout de souffle. La formation politique de gauche ne soulève plus les marées humaines d’autrefois, lorsque le jeune Lula, dirigeant syndical barbu et charismatique, faisait vibrer les mouvements ouvriers de la banlieue industrielle de Sao Paulo en réclamant davantage de justice sociale et la démocratisation du pays.
Pourtant, le parti peut se targuer d’importantes conquêtes sociales. Sous les deux premières présidences de Lula (2003-2010) et la première de Dilma Rousseff (2011-2014), 29 millions de personnes sont sorties de la pauvreté, d’après la Banque mondiale, notamment grâce à des programmes sociaux comme l’allocation Bolsa familia (« bourse famille ») ou l’opération d’aide à la construction de logements sociaux Minha Casa, Minha Vida (« ma maison, ma vie »).
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