Le 27 mars dans l’après-midi, Ailton Alves de Sousa, responsable des ressources humaines de 41 ans, se trouvait dans un centre de santé près d’Heliopolis, la plus grande favela de Sao Paulo, au Brésil. Soudain, des policiers ont fait irruption sur le site pour emmener le quadragénaire au commissariat : une caméra de surveillance municipale l’avait identifié comme un assassin recherché par la justice. « Le type s’appelait lui aussi Ailton, mais ce n’était pas moi ! », se souvient-il, jeudi 13 août, au volant de voiture.
Les policiers l’ont relâché après avoir vérifié son identité avec ses empreintes digitales : c’était la sixième fois qu’Ailton Alves de Sousa se faisait arrêter à tort en six mois. « Partout où j’allais, au centre commercial, au cinéma, mon visage était capté par les caméras et la patrouille la plus proche était alertée pour m’emmener au commissariat », se plaint le quadragénaire. « Ce n’est qu’après avoir donné plusieurs interviews à la télévision et porté plainte que cette situation a cessé », explique-t-il.
Comme lui, 83 personnes ont été erronément identifiées comme des fugitifs de la justice par les 50 000 caméras de surveillance du système de surveillance municipal Smart Sampa. Lancé en février 2024, le dispositif, qui coûte 10 millions de reais (1,7 million d’euros) par mois et s’appuie sur un logiciel de reconnaissance faciale développé par l’entreprise brésilienne Sentinelx – laquelle s’est inspirée de technologies de Chine et d’Israël –, vise à combattre l’insécurité urbaine, considérée par 71 % des Paulistas comme le principal problème de la ville, selon un sondage Ipsos publié en janvier.
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