Les tensions en Asie de l’Est poussent le gouvernement nippon à débattre des armes nucléaires, alors que le Japon commémore les bombardements atomiques des 6 et 9 août 1945. Les discussions se heurtent à une forte hostilité de l’opinion et ravivent la crainte d’une course aux armements.
L’opposition au nucléaire est portée par Hiroshima et Nagasaki, les deux villes frappées durant la seconde guerre mondiale par le feu atomique américain. Le maire d’Hiroshima, Kazumi Matsui, a profité du 81e anniversaire du bombardement sur sa ville, jeudi 6 août, pour fustiger, dans sa traditionnelle déclaration pour la paix, le « comportement arrogant » des grandes puissances « qui bafouent le droit international » et « utilisent l’arme nucléaire comme moyen de pression ».
Cette année, le message s’adressait aussi au gouvernement japonais, qui doit réviser avant la fin de l’année ses trois documents-clés relatifs à la défense, à commencer par sa « stratégie de sécurité nationale ». Ces révisions pourraient se traduire par une remise en question des trois principes antinucléaires. Enoncés en 1967 par le premier ministre, Eisaku Sato (1901-1975), ils interdisent à l’Archipel de posséder, produire et introduire des armes atomiques sur son territoire. « Je m’engage à tout faire pour la réalisation d’un monde sans armes nucléaires et d’une paix durable », ainsi qu’à « défendre ces trois principes antinucléaires », a martelé la première ministre, Sanae Takaichi, jeudi, à Hiroshima.
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