Le Japon serait une nation unique dirigée par une famille dont la lignée remonterait jusqu’en 660 av. J.-C. Telle est la thèse clamée par les nationalistes japonais depuis la fin du XIXe siècle. D’après celle-ci, ce serait à cette époque-là que Jinmu, descendant de la déité shintoïste Amaterasu, a été intronisé pour devenir le premier tenno (“empereur”, en japonais).
Les gouvernements qui se sont succédé à la tête du pays pendant les années 1930 et 1940 ont instrumentalisé cette thèse à des fins propagandistes, dans le but de souligner la supériorité du peuple nippon. À l’époque, les Japonais utilisaient même le calendrier impérial (koki, en japonais), en comptant le nombre d’années à partir de 660 av. J.-C. En 1940, alors que le pays s’enfonçait dans la guerre contre la Chine, l’archipel entier a célébré avec faste la 2 600e année impériale. Depuis la défaite de 1945, ce calendrier a cependant disparu du quotidien des Japonais.
Or, avec les récents débats sur la réforme de la loi relative à la succession impériale, ce récit fondateur revient sur le devant de la scène aujourd’hui. “Nous sommes en l’an 2686 du koki. La tradition perpétuée par la famille impériale pendant plus de vingt-six siècles est belle et majestueuse”, a lancé Eriko Yamatani, sénatrice du Parti libéral-démocr
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