LETTRE DE NAIROBI
Une large devanture bleue et jaune attire l’œil dans le quartier populaire de Kawangware à Nairobi, la capitale du Kenya. A l’intérieur, cette salle de paris sportifs est plongée dans une quasi-obscurité. Des télévisions accrochées au mur diffusent des matchs de football et les habitants du coin, assis sur des chaises en plastique, discutent stratégie. Il n’y a pas de rencontres au sommet prévues ce samedi-là. La Premier League britannique et la Ligue des champions sont terminées, ceux qui ont fait le déplacement sont donc des habitués.
C’est le cas de James Muthiora, concentré sur un écran d’ordinateur. Ce souscripteur d’assurance de 35 ans vient tous les week-ends. S’il cite aussi les jeux de casinos ou la loterie, James mise principalement sur le football, des petites sommes, autour de 100 shillings kényans (environ 70 centimes d’euro). Le trentenaire parie ainsi aussi bien sur la Premier League kényane que sur les championnats européens et rien n’est laissé au hasard.
« Je fais mes recherches en début de semaine puis, le jeudi généralement, je commence à parier », explique-t-il. Le processus est bien rodé ; James joue de manière hebdomadaire depuis une quinzaine d’années. « Si je ne suis pas au travail, je suis ici », reconnaît-il en refusant de se dire accro. « C’est une forme de divertissement, je viens ici, je regarde les matchs, je socialise », défend-il.
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