Dans les pétromonarchies arabes du Golfe, des retraits massifs de nationalité marquent une “nouvelle ère de répression”, estime Andrew McIntosh, militant des droits humains, sur le site d’Arab Digest. “Tous ceux qui expriment une opposition ou sont perçus comme insuffisamment loyaux envers le souverain” ressentent l’épée de Damoclès au-dessus de leur tête.

C’est surtout au Koweït que cela est pratiqué à grande échelle. Ainsi, le quotidien local Al-Qabas rapportait le 12 avril dernier le retrait de nationalité de 2 182 personnes en une seule fois. En chiffres cumulés depuis 2024, “il y a eu 71 059 révocations”, précise New Lines Magazine, revue américaine spécialisée dans les affaires moyen-orientales, en citant les chiffres donnés par le journal officiel du gouvernement koweïtien. Ce qui ne représente pas moins de 4,6 % de la population koweïtienne d’environ un million et demi de personnes, hors résidents étrangers.

Tournant autoritaire

Si ce chiffre est déjà impressionnant, il serait en réalité en deçà de la réalité. En effet, “les conséquences d’un retrait de nationalité s’étendent au-delà des individus nommément désignés et concernent également les épouses, les enfants et les petits-enfants qui ont obtenu la nationalité koweïtienne à travers eux”. Les vrais chiffres pourraien