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Au Liban, malgré le conflit, la scène musicale toujours foisonnante

À Beyrouth, une nouvelle génération d’artistes libanais fait vibrer la nuit malgré la guerre. Entre techno de Rolbac, rap hybride de Blu Fiefer, dream‑pop de Pol et jazz‑rock synthwave de Bonne Chose, la scène underground libanaise transforme la fête et le retour au pays en actes de rés

Au Liban, malgré le conflit, la scène musicale toujours foisonnante
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Au Liban, malgré le conflit, la scène musicale toujours foisonnante

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À Beyrouth, une nouvelle génération d’artistes libanais fait vibrer la nuit malgré la guerre. Entre techno de Rolbac, rap hybride de Blu Fiefer, dream‑pop de Pol et jazz‑rock synthwave de Bonne Chose, la scène underground libanaise transforme la fête et le retour au pays en actes de résistance.

Visuel de «Nazele Big Champagne» de l'artiste libanaise Blu Fiefer.
Visuel de «Nazele Big Champagne» de l'artiste libanaise Blu Fiefer. © DR
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Sous les pavés, le club. Au Liban – et surtout à Beyrouth –, malgré le conflit quasi ininterrompu avec Israël depuis l'automne 2024, la scène musicale continue de vibrer. C'est particulièrement le cas dans le monde de la nuit : dans la capitale libanaise, la scène underground – ou alternative – fourmille de nouveaux artistes, purs produits locaux. 

Parmi eux : Rolbac – Roland Bachour de son vrai nom – un DJ de techno né à Zahlé, dans la plaine de la Bekaa. Depuis une dizaine d'années, il joue dans la capitale et est rapidement devenu un pilier de la scène clubbing libanaise. Il est par exemple intimement lié à l'Aegis Festival – un événement organisé les deux précédents étés dans les montagnes libanaises. Car lorsque l'on vit dans un pays en conflit, faire la fête devient acte de résistance.

Des artistes au propos politique assumé 

En conflit, le Liban fait aussi face depuis des années, à une profonde crise économique et politique. Une situation que de nombreux jeunes artistes libanais dénoncent dans leur texte – comme par exemple Blu Fiefer. Dans des titres comme « Nazale Big Champagne », la trentenaire fait une critique acerbe d’un Liban en plein effondrement – et où le champagne coule pourtant à flots dans les clubs les plus branchés de la capitale.

La forme est toujours au service du fond – que ce soit dans le rap et la trap, où les basses font écho à la colère de la jeunesse, ou dans les titres plus teintés de techno de Blu Fiefer. Sur ses productions, la jeune femme refuse de se fondre dans les codes occidentaux. Au contraire, elle les détourne, en y glissant des éléments de la musique traditionnelle moyen-orientale. Les synthétiseurs servent par exemple à recréer des quarts de ton ; tandis que les instruments traditionnels comme le luth ou le kanoun sont passés dans des pédales de distorsion.

Le retour au pays de la jeune scène artistique

Rester, ou plus encore, revenir, est un geste politique fort, dans un Liban où 70% des jeunes de 18 à 29 ans pensent à partir... et où 175 000 personnes ont définitivement quitté le pays en deux ans.

Adepte de ce courant-là, la jeune Pol. Sur des instrumentations dream-pop, plutôt mélancoliques, la chanteuse raconte, en arabe, son expérience du départ et ce qu'elle a vécu en revenant au Liban. Un point commun avec le groupe Bonne Chose... trio installé à Beyrouth – et à l'univers musical bien différent, situé entre jazz, rock, et synthwave. 

Leurs titres laissent peu de place au doute, comme le lancinant « Ma Hada Ba'é » – « Il ne reste plus personne ». Le message a le mérite d'être clair, mais le foisonnement de la scène artistique laisse penser que ce n'est pas tout à fait vrai : les musiciens, eux, sont toujours là.

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