Dans une salle d’étude de la Faculté de médecine et de pharmacie d’Oujda, Nour (les prénoms ont été modifiés), 24 ans, prépare un examen décisif. Celui qui lui permettra de s’expatrier après l’obtention de son diplôme au Maroc. « Je voudrais poursuivre ma formation en Belgique », confie l’étudiante en septième année. Comme beaucoup de ses camarades, elle rêve d’ailleurs. « En première année, on était peut-être 30 % à envisager de partir. Aujourd’hui, je ne connais personne qui veut rester. »
Chaque année, environ 700 médecins marocains quittent le pays, soit un tiers des diplômés, selon les organisations représentatives du secteur. Un chiffre stable depuis plusieurs années et probablement sous-estimé, selon l’économiste Djamila Chekrouni, spécialiste des dynamiques migratoires et professeure à l’université Mohammed-V de Rabat. « Certains étudiants vont à l’étranger pour se spécialiser et ne reviennent pas, explique la chercheuse. D’autres organisent leur mobilité avant même d’entrer dans le système national. » Surtout, insiste-t-elle, il ne s’agit pas d’un phénomène ponctuel mais d’une « tendance longue », alimentée à la fois par la crise du système de santé marocain et par l’attractivité croissante des pays étrangers en manque de personnel médical.
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