L’Assemblée nationale du Nicaragua a approuvé à l’unanimité, mardi 1er septembre, une réforme constitutionnelle voulue par le président, Daniel Ortega, empêchant les opposants de participer aux élections, a annoncé le chef du Parlement, Gustavo Porras.
L’amendement porte le mandat présidentiel de six à sept ans, et exclut des élections ceux qui participent à des « actes putschistes » ou de « trahison de la patrie » ou qui sollicitent une « intervention militaire » étrangère.
« Nous venons vous remettre cet exemplaire de la réforme partielle de la Constitution que nous approuverons aujourd’hui devant votre mausolée, votre cathédrale », a déclaré, avant le vote, M. Porras en déposant le texte sur la tombe du poète nicaraguayen Ruben Dario dans la ville de Leon, à 90 km au nord-ouest de Managua.
Gustavo Porras, du Front sandiniste de libération nationale (FSLN), a annoncé il y a quelques jours que l’amendement constitutionnel empêcherait « les putschistes » et « ceux qui se sont rendus coupables d’actes portant atteinte à l’indépendance, à la souveraineté et à l’autodétermination du Nicaragua » d’être candidats à des fonctions électives ou publiques. Seront également exclus, selon lui, ceux qui « réclament une intervention militaire » des Etats-Unis, ou qui « applaudissent et demandent des sanctions contre nous tous », une référence aux opposants exilés.
Main de fer
Une fois approuvée, la réforme doit être ratifiée lors de la seconde législature qui commencera début 2027.
Ancien guérillero marxiste, le président, Daniel Ortega, est au pouvoir au Nicaragua depuis 2007. Avec son épouse Rosario Murillo, coprésidente, il dirige le pays d’une main de fer depuis les manifestations de 2018, qualifiant les opposants de « traîtres ». Environ 300 personnes ont été tuées durant la répression des protestations selon l’ONU, et des centaines de milliers se sont exilées.