Debout sur l’estrade d’une salle du collège d’ingénieurs de Puerto Maldonado, ville amazonienne du sud-est du Pérou, le chef indigène Edy Dariquebe, paré d’une coiffe de hautes plumes bleues et d’un large collier de dents de jaguar, profite de l’approche des élections régionales et municipales pour interpeller les candidats. Dimanche 4 octobre, les Péruviens seront appelés aux urnes pour la troisième fois en 2026, après les élections législatives d’avril et la présidentielle du 7 juin, remportée au second tour par Keiko Fujimori, figure de la droite conservatrice radicale.
Dans le Madre de Dios, l’une des régions les plus vastes du pays, les défis sont immenses. Ici se côtoient et se chevauchent parfois territoires autochtones ou ceux de peuples en situation d’isolement volontaire, concessions forestières, exploitations agricoles et activités minières. Constellée de parcs nationaux protégés et de réserves naturelles, cette région d’une exceptionnelle biodiversité est aussi le théâtre de multiples trafics souvent liés entre eux : cocaïne, bois, or et traite des êtres humains. Ces activités clandestines alimentent une violence persistante conduisant régulièrement les autorités à y décréter l’état d’urgence.
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