“La police et les services de sécurité britanniques semblent avoir été pris de court par un projet d’attentat minutieusement préparé”, observe The Times.
Cinq hommes soupçonnés de “préparation d’un acte terroriste” ont été arrêtés dans la nuit du samedi 26 au dimanche 27 septembre dans l’ouest de l’Angleterre, près de la base militaire de la Royal Air Force de Fairford, utilisée par l’armée de l’air américaine.
Plus de 85 habitations situées aux alentours de la base, près du village de Whelford, ont été évacuées tandis que les démineurs examinaient trois fourgonnettes conduites par le groupe, rapporte The Times. Dimanche soir, des équipes de CNN présentes près de la base de la Royal Air Force de Fairford ont entendu deux détonations ressemblant à des explosions contrôlées.
Selon The Times, c’est une agricultrice de Whelford qui a effectué un signalement tôt dimanche matin : elle a déclaré avoir appelé la police après avoir vu trois fourgonnettes “bloquer la route” et aperçu un “groupe d’hommes encagoulés”, rapporte The Independent. “Une simple habitante ne devrait pas avoir à repérer une activité inhabituelle à 1 heure du matin alors que la base aérienne est placée sous haute surveillance. Je trouve cela absolument stupéfiant”, a affirmé à la presse cette femme qui souhaite rester anonyme.
Liens potentiels avec l’Iran ou la Russie
Selon The Times, les enquêteurs cherchent à déterminer si l’Iran est lié à ce possible projet d’attentat. Le quotidien rappelle que le régime de Téhéran avait déjà proféré des menaces contre la base de la Royal Air Force de Fairford.
Selon la BBC, le site visé “entretient des liens de longue date avec l’armée américaine et a récemment été utilisé par des avions de guerre américains comme point d’appui pour des frappes défensives contre l’Iran”. Les autorités craignent que l’attaque envisagée ait pu être préparée en représailles au soutien apporté par les Britanniques aux Américains, souligne The Times.
Le ministre de la Défense, Wes Streeting, a indiqué dimanche avoir “été en contact dans la journée avec (son) homologue [américain] Pete Hegseth”. “Nous avons travaillé en étroite collaboration avec nos amis américains”, a-t-il dit, lors du congrès annuel du Labour à Liverpool. Interrogé par la presse, le président américain Donald Trump a affirmé que Washington avait enquêté sur les auteurs de l’attaque. “Ils voulaient faire de gros dégâts à notre base, et travailler avec les Britanniques a super bien fonctionné”, a déclaré le républicain à la presse à son arrivée à Chicago pour un tournoi de golf.
“Tout lien avéré avec l’Iran constituerait une escalade spectaculaire des tensions entre le Royaume-Uni et Téhéran”, estime The Guardian. Alors que plusieurs incidents récents survenus au Royaume-Uni ont été liés à ce pays du Moyen-Orient – notamment l’incendie criminel à caractère antisémite visant quatre ambulances de Hatzola dans le quartier de Golders Green [à Londres] –, le complot présumé à la base aérienne de Fairford semble être nettement plus grave”, souligne le quotidien britannique.
Des bases militaires “extrêmement difficiles à sécuriser”
Pour The Guardian, cette affaire soulève également “des questions urgentes concernant les services de sécurité britanniques, après qu’il est apparu que les autorités n’avaient pas connaissance du complot présumé”.
“Si certains doutaient encore de la réalité de la menace qui pèse sur le territoire britannique […], les événements survenus près de la base de l’armée de l’air de Fairford devraient les faire sérieusement réfléchir”, a réagi dimanche l’ancien officier de l’armée britannique Hamish de Bretton-Gordon, dans une tribune publiée sur le site du Daily Telegraph.
L’expert rappelle que les bases militaires sont “extrêmement difficiles à sécuriser complètement”. La base de la Royal Air Force de Fairford “occupe une vaste superficie, avec des kilomètres de clôtures périphériques et d’innombrables possibilités pour un intrus de s’y infiltrer. Un terroriste ou un saboteur déterminé n’a pas nécessairement besoin d’une technologie sophistiquée. Parfois, un véhicule, un engin explosif et un point vulnérable du périmètre peuvent suffire”, souligne-t-il en exhortant le Royaume-Uni à “rester sur [ses] gardes”.
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