Cent trente-neuf ans après sa mort, Mamadou Lamine Dramé est devenu un héros sur les réseaux sociaux. Sur TikTok et YouTube, à grand renfort d’images générées par IA, des dizaines de vidéos vantent sa tentative de fondation d’un Etat, la puissance de son armée, son caractère héroïque.
Ses faits d’armes remontent pourtant au XIXe siècle. Chef religieux et militaire soninké, Mamadou Lamine Dramé a trouvé la mort en 1887 lors de combats contre les colons français et leurs supplétifs à Bakel, à la frontière sénégalo-malienne.
Le crâne de cette figure de l’histoire partagée par la Gambie, le Mali et le Sénégal reposerait en France. « Son descendant Tiébilé Dramé, ancien ministre des affaires étrangères malien [mort en 2025], m’a confirmé l’avoir vu dans les collections françaises », assure Abdoulaye Bathily, un historien et ancien ministre sénégalais.
Le destin du crâne de Mamadou Lamine Dramé et de six autres crânes de résistants à la colonisation fait débat au Sénégal depuis que, le 11 septembre, le député et militant panafricaniste Guy Marius Sagna, qui siège avec la majorité parlementaire, a interpellé l’exécutif par une question écrite. « Le gouvernement du Sénégal doit demander à la France la restitution de tous les restes humains rattachés à l’actuel Sénégal », soulignait l’élu.
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