Les combats s’intensifient au Soudan dans la guerre qui oppose depuis avril 2023 l’armée aux Forces de soutien rapide (FSR), belligérants autrefois alliés qui refusent à présent de négocier.
Les paramilitaires ont mené, vendredi 14 août, une attaque sur la ville d’Umm Arda, au Kordofan du Nord, à environ deux cents kilomètres au sud de la capitale, Khartoum, provoquant « la mort de plus de 14 civils et faisant des dizaines de blessés, tandis que la région connaît actuellement une vague de déplacements de civils », a rapporté, l’ONG Emergency Lawyers, un groupe d’avocats prodémocratie.
Plus tôt dans la journée de vendredi, les FSR ont annoncé avoir pris le contrôle d’Umm Arda, y voyant « un tournant majeur dans les opérations sur le terrain et une avancée stratégique (…) vers la libération totale du pays ».
Une source au sein de l’armée soudanaise a, de son côté, affirmé à l’Agence France-Presse (AFP) que l’armée avait repoussé deux attaques menées dans les zones d’Umm Arda et de Jabal Al-Hashaba, « infligeant des pertes en vies humaines et en matériel aux Forces de soutien rapide ». L’AFP n’a pas été en mesure de vérifier de manière indépendante les détails et l’issue des combats, en raison de la difficulté à accéder aux zones de combat et des coupures des réseaux de communication et d’internet.
Plus grave crise humanitaire au monde, selon l’ONU
Dans son communiqué, l’organisation Emergency Lawyers a mis en garde contre « l’aggravation de la catastrophe humanitaire dans des zones déjà victimes d’un siège et d’un manque de services de base », ajoutant que « l’aide humanitaire est également suspendue dans plusieurs de ces zones en raison des combats en cours ».
L’ONG Save the Children a déclaré, vendredi, qu’environ 40 000 enfants avaient fui vers la ville d’El-Obeid, à l’ouest d’Umm Arda, pour échapper aux combats dans le Kordofan du Nord, mettant en garde contre une « augmentation significative des cas de malnutrition infantile ». « Certaines familles passent près de la moitié de leur journée à chercher de l’eau », selon l’ONG.
Plusieurs villes soudanaises sont le théâtre d’attaques de plus en plus intenses menées par les FSR, notamment la capitale, Khartoum, qui est sous le contrôle de l’armée, ainsi que certaines villes, près de la frontière avec l’Ethiopie. L’armée contrôle les régions du centre et de l’est du pays, tandis que la région du Darfour, à l’Ouest, et certaines parties du Sud sont sous le contrôle des FSR.
La guerre, entrée dans sa quatrième année, a fait plus de 200 000 morts selon les travailleurs humanitaires et a déplacé plus de 12 millions de Soudanais, dans ce qui constitue, selon l’ONU, la plus grave crise humanitaire au monde.