À quelques kilomètres de La Guaira, les pelleteuses n’ont pas fini leur travail “que l’on entend déjà le bruit des moteurs des camions frigorifiques approcher, et qu’une forte odeur de décomposition se fait sentir”, raconte un journaliste de la chaîne Noticias Telemundo dans un reportage diffusé le 7 juillet. Ce dernier s’est rendu au cimetière de La Esperanza, aménagé à la hâte pour accueillir les victimes du double séisme qui a frappé le Venezuela le 24 juin.

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Les images qu’il filme témoignent de l’ampleur de la catastrophe qui a tué 3 685 personnes, selon le bilan du 7 juillet publié par le ministère de l’Intérieur vénézuélien. On y voit notamment des tranchés se dessiner les unes après les autres, jonchées de croix blanches et prêtes à accueillir les cercueils. “Certains corps qui arrivent ici sont identifiés, d’autres pas”, poursuit le journaliste qui explique que chaque croix blanche déposée dans le cimetière porte une plaque numérotée avec un code renvoyant à un dossier, à un reportage photographique et à la documentation relative à chaque inhumation.

Tenter d’arracher quelques sourires

Mais avant leur arrivée au cimetière de La Esperanza, de nombreux “corps retrouvés à La Guaira sont directement transférés à Los Silos, une immense morgue provisoire aménagée à ciel ouvert sur le port” de La Guaira, rapporte le journal indépendant El Nacional dans un article traduit par Courrier international. Un reportage, diffusé sur la chaîne YouTube d’El País, montre quelques images de ce lieu où les survivants tentent de retrouver leurs proches au milieu de cercueils qui s’entassent les uns sur les autres.

À La Guaira, les recherches se poursuivent dans les quartiers dévastés. Habitants, proches des disparus et secouristes continuent de fouiller les décombres dans l’espoir de retrouver des survivants ou, à défaut, de récupérer les corps. En parallèle, les autorités ont commencé à recenser les bâtiments menaçant de s’effondrer en vue de leur démolition, une décision contestée par certains habitants, qui craignent que des victimes soient encore ensevelies sous les gravats.

“Les autorités qui arrivent prennent des photos, vérifient qu’il n’y a personne et repartent. Ils ont déjà marqué plusieurs endroits dans les bâtiments en vue de leur démolition, mais nous ne pouvons pas le permettre. Il reste encore tant de corps de membres de nos familles à retrouver et à honorer”, confie une habitante au micro d’El País.

Au milieu des gravats, certains tentent aussi de redonner un peu de vie à la ville. Déguisés en clowns, des bénévoles parcourent les rues de La Guaira munis de tambours, de guitares et d’autres instruments de musique, comme en atteste un reportage, également diffusé sur la chaîne YouTube d’El País. Objectif : arracher quelques sourires aux enfants comme aux adultes, encore sous le choc du double séisme.

Au total, plus de 16 700 personnes ont été blessées et près de 18 000 Vénézuéliens ont perdu leur logement dans la catastrophe. Le nombre de disparus reste incertain, mais pourrait atteindre 30 000, selon les signalements recueillis sur une plateforme lancée par une initiative citoyenne, rapporte El Nacional. Au Venezuela, ce double séisme est désormais qualifié de “pire catastrophe qu’ait connue le pays depuis le siècle dernier”.