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Au Venezuela, des centaines de milliers de sinistrés ont besoin d’aide humanitaire après les séismes : « On n’a plus aucun revenu »
Par Jean-Michel Hauteville (Caraballeda, Caracas, Catia la Mar, La Guaira [Venezuela], envoyé spécial)ReportageSelon l’Unicef, 650 000 personnes dont 230 000 enfants ont été affectées par les tremblements de terre dévastateurs du 24 juin, dont le bilan dépasse désormais les 5 000 morts et continue de s’alourdir. Pour les organisations de santé, « l’urgence sanitaire est loin d’être terminée ».
Une interminable file d’attente de plusieurs centaines de personnes de tous âges serpente le long des allées qui traversent la place Tanaguarena, à Caraballeda, commune de la côte septentrionale du Venezuela, à une quarantaine de kilomètres de Caracas, la capitale. Aux abords de cette esplanade ombragée, de nombreux édifices, partiellement ou totalement effondrés, témoignent de la violence du double séisme, de magnitude 7,2 et 7,5 sur l’échelle de Richter, qui a frappé le nord du Venezuela le 24 juin. La catastrophe a causé des dégâts considérables dans cette petite ville balnéaire et les localités voisines, dont La Guaira, la capitale de l’Etat du même nom. L’avenue José-Maria-España, principale artère du secteur, est encore jonchée de débris qui entravent la circulation ; le trottoir est obstrué par des arbres majestueux, déracinés par la violence des secousses meurtrières survenues plus de trois semaines auparavant.
Le bilan de ce cataclysme continue de s’alourdir jour après jour, à mesure que des corps sans vie – et de plus en plus difficilement identifiables – sont extraits des immeubles résidentiels dont les étages se sont affaissés les uns sur les autres, piégeant des familles entières sous de lourdes dalles de béton. Vendredi 17 juillet, le gouvernement vénézuélien recensait 5 069 morts – soit 139 de plus que la veille –, plus de 16 700 blessés, quelque 18 000 sans-abri et un millier d’édifices endommagés ou détruits. Les autorités de ce pays d’Amérique du Sud continuent d’éluder le nombre de disparus, mais selon les Nations unies, il pourrait approcher les 50 000.
Dans l’après-midi du mardi 14 juillet, des habitants de Caraballeda et des alentours ont convergé en masse vers la place Tanaguarena pour recevoir des dons distribués par Global Empowerment Mission, une organisation non gouvernementale (ONG) américaine. « Ça fait bien deux heures que je fais la queue », soupire Ziomara Garcia, 53 ans. Cette mère de quatre enfants au regard las est pourtant encore loin d’atteindre le camion d’où sont distribués des colis d’aliments en conserve et des vêtements, sur le parvis de l’église Saint-Dominique. « J’ai besoin de cette aide pour mes deux plus jeunes enfants », confie cette fonctionnaire de l’éducation nationale vénézuélienne, qui a eu la chance de ne pas perdre sa maison même si « des murs ont été fissurés », dit-elle.
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