Une promesse récente de l’opposition vénézuélienne s’est réalisée, vendredi 14 août, avec la libération de plus d’une centaine de prisonniers politiques. Le gouvernement a annoncé dans un communiqué l’« octroi de mesures alternatives à la privation de liberté pour un total de 131 personnes qui se trouvaient sous régime de détention, en raison de leur participation présumée ou avérée à la commission de délits prévus par l’ordre juridique vénézuélien ».
Peu après avoir mené un premier cycle de négociations avec le gouvernement intérimaire du Venezuela, la cheffe de la délégation de l’opposition, Dinorah Figuera, s’était engagée, jeudi, à œuvrer pour la libération des prisonniers politiques.
« Continuons à réclamer sans relâche jusqu’à ce que chaque citoyen retrouve sa famille », a écrit l’opposante sur X après l’annonce de ces remises en liberté.
Torture et traitements cruels
Le Comité pour la liberté des prisonniers politiques a partagé des images d’un groupe de prisonniers politiques libérés de Rodeo I, prison située en périphérie de Caracas et qualifiée de « centre de tortures » par les défenseurs des droits humains.
Parmi les premières personnes libérées vendredi figure Emirlendris Benitez, une femme accusée d’un attentat au drone contre l’ex-président Nicolas Maduro, a affirmé, sur X, Alfredo Romero, directeur de Foro Penal, une ONG qui défend les personnes détenues pour des raisons politiques. Selon des organisations de défense des droits humains et des avocats de la défense, cette commerçante de 45 ans a été victime de tortures, de traitements cruels et dégradants, au point de subir une fausse couche. Foro Penal a confirmé plus tard dans la journée la libération d’« au moins 40 prisonniers politiques ».
Angeles Tirado, proche de plusieurs détenus, a salué ces libérations. « Je me sens heureuse, satisfaite de ce qui se passe », a-t-elle déclaré à l’Agence France-Presse (AFP). « L’objectif est (…) la liberté pleine et entière, sans conditions, la liberté pour tous », a ajouté celle dont les proches sont impliqués dans une affaire qui a valu à une cinquantaine de personnes d’être arrêtées en 2025, accusées d’être impliquées dans un projet visant à renverser Nicolas Maduro.
Un autre cycle de pourparlers attendu
« La libération récente de plus de 130 prisonniers politiques au Venezuela constitue une étape cruciale dans le processus de réconciliation nationale », a écrit sur X le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, soulignant que les Etats-Unis continuaient de « suivre de près » les négociations entre le gouvernement intérimaire et une partie de l’opposition au Venezuela.
Ce dialogue parrainé par Washington survient sept mois après la capture de Nicolas Maduro par l’armée américaine, après plus d’un quart de siècle de pouvoir chaviste, la doctrine d’inspiration socialiste du président Hugo Chavez (1999-2013). Il se déroule sans la cheffe de l’opposition et lauréate du prix Nobel de la paix, Maria Corina Machado, exilée au Panama. Elle n’a pas été conviée mais a assuré qu’elle n’entraverait pas le processus.
Mercredi, à l’issue de cette première série de discussions à Caracas, le pouvoir et l’opposition sont convenues de poursuivre la réforme judiciaire, notamment la nomination de tous les juges de la Cour suprême et la réforme de la loi régissant cette dernière, ainsi que d’unir leurs efforts afin de récupérer quelque 30 tonnes d’or vénézuélien gelé au Royaume-Uni à la suite de sanctions. Un autre cycle de pourparlers doit avoir lieu à une date à déterminer.