Le président américain, Donald Trump, a appelé le président de la FIFA, Gianni Infantino, et lui a demandé de réexaminer la suspension après un carton rouge de l’attaquant américain Folarin Balogun, qui est désormais autorisé à jouer lundi pour le huitième de finale de la Coupe du monde de football contre la Belgique, révèle le New York Times dimanche 5 juillet.

Selon “quatre personnes au courant de cette conversation” téléphonique, le locataire de la Maison-Blanche est intervenu auprès du patron du foot mondial “quelques heures après le match disputé mercredi par l’équipe masculine américaine de football”, précise le journal, qui s’étonne d’un “revirement est tout à fait inhabituel”.

La FIFA a annoncé, dimanche, revenir sur la suspension du meilleur buteur de Team USA (3 buts) dans ce Mondial. “Merci à la FIFA d’avoir fait ce qu’il fallait et d’avoir réparé une grande injustice”, a un peu plus tard posté le président Trump sur son réseau Truth Social.

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Folarin Balogun, âgé de 25 ans, avait été expulsé en milieu de seconde mi-temps, lors du 16e de finale contre la Bosnie-Herzégovine remporté par 2 buts à 0, pour avoir marché sur une jambe du défenseur Tarik Muharemovic à la réception d’un saut.

“Une polémique sur l’ingérence politique et l’intégrité sportive”

La FIFA a invoqué “une disposition peu connue”, remarque le Wall Street Journal, l’article 27, permettant à sa Commission de discipline de suspendre, à sa discrétion, la sanction de Balogun pendant douze mois. “Malgré le caractère opaque et inhabituel de cette décision, l’organisation a refusé de donner plus de détails sur son raisonnement.”

“Ce revirement soudain, sans précédent dans l’histoire moderne de la Coupe du monde, alors que le tournoi battait son plein, a immédiatement déclenché une polémique sur l’ingérence politique et l’intégrité sportive”, note le quotidien américain, qui évoque “la controverse la plus retentissante” du Mondial 2026.

“Gianni Infantino a passé près d’une décennie […] à courtiser Trump, qui le qualifie d’ami et l’a régulièrement reçu dans le Bureau ovale”, pointe le Wall Street Journal. “M. Infantino s’efforce depuis des années de s’attirer les faveurs de M. Trump, abonde le New York Times, rappelant que “l’année dernière, la FIFA a créé et décerné à M. Trump le Prix de la paix de la FIFA, alors que le président menait une campagne publique – qui s’est soldée par un échec – pour remporter le prix Nobel de la paix”.

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“La théorie du grand complot ravivée”

L’annonce n’a pas manqué de faire réagir, en Belgique. Dans un communiqué, dimanche, la fédération belge s’est dite “stupéfaite par la décision de la FIFA de déclarer éligible le joueur américain suspendu Folarin Balogun pour le match États-Unis-Belgique”. Elle a ajouté qu’elle étudiait désormais “toutes les options possibles”.

“Je ne savais pas que le 5 juillet correspondait au 1er avril à la FIFA”, a déclaré le sélectionneur français des Diables rouges, Rudi Garcia, dimanche en conférence de presse.

“Sensation à la Coupe du Monde : Folarin Balogun prend rouge… mais ne sera finalement pas suspendu contre les Diables Rouges”, titrait, dimanche, la chaîne belge RTL. “L’article 27 du code disciplinaire de la FIFA fait mal aux Diables”, s’indigne pour sa part La Libre Belgique, dénonçant “une décision encore jamais vue dans l’histoire de la Coupe du monde”.

“La non-suspension de l’attaquant américain n’a pas fini de faire parler… ”, commente de son côté Le Soir. “Depuis que le foot est foot, la FIFA prétend vendre de l’équité. En levant la suspension du meilleur buteur de l’US Soccer Team à la veille d’un huitième de finale contre la Belgique, la très peu vénérable institution vient de mettre son impartialité en solde.”

D’autant plus que “le bénéficiaire n’est pas un remplaçant de la Nouvelle-Zélande, de Curaçao ou du Cap-Vert”. Folarin Balogun “est le meilleur buteur américain de cette Coupe du monde. L’arme offensive numéro 1 du pays organisateur. Et c’est précisément lui qui récupère son droit de jouer à la veille d’un huitième de finale contre la Belgique”.

“Comme si le trouble suscité par (la) pirouette procédurière (de la FIFA) ne suffisait pas, voilà que Donald Trump remercie officiellement (l’instance) de son ami Gianni Infantino peu après l’annonce, s’offusque encore le journal belge. L’image est catastrophique et la théorie du grand complot ravivée.”

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