Blockbuster de près de trois heures ponctué de combats, présentant une variété de monstres ainsi qu’une magicienne qui transforme des hommes en cochons, L’Odyssée n’est pas à proprement parler un film tout public. Le dernier film de Christopher Nolan, adapté d’une œuvre de Homère, elle-même imprégnée de violence, est d’ailleurs “Rated R”, aux États-Unis, c’est-à-dire “interdit aux moins de 17 ans non accompagnés d’un adulte”. En France, il est déconseillé aux moins de 12 ans.

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Outre-Atlantique, cela n’a pas dissuadé certains de se rendre au cinéma pour le découvrir avec leur (très) jeune progéniture, raconte The New York Times. S’amusant d’avoir vu plusieurs personnes “profondément endormies lors d’une projection” du long-métrage dans une salle de Brooklyn, le journaliste du quotidien américain, Andrew Keh, a même observé que d’autres “divaguaient ou n’étaient guère attentives. Certaines bavaient.”

Et pour cause, les spectateurs en question étaient des bébés de quelques mois, présents dans le cadre d’une séance “bébés bienvenus”, un concept décrit par le New York Times comme “relativement répandu, mais rarement mis en avant” – que l’on retrouve aussi dans certains cinémas français –, permettant aux jeunes parents de continuer à fréquenter les salles obscures. Et, plus largement, de s’extraire d’un quotidien parfois éreintant, le tout sans dépenser une fortune en baby-sitter.

Fini les regards assassins

“Alors que le débat sur la qualité de vie en ville pour les jeunes familles fait rage et que les parents sont de plus en plus sensibilisés aux problèmes liés à la période post-partum, relève Andrew Keh, ces salles de cinéma offrent quelques heures de relative normalité à des mamans et des papas à bout de nerfs”.

Ces séances sont adaptées aux nourrissons, l’éclairage étant augmenté et le volume sonore diminué. L’idée est que ces derniers soient “autorisés à être des bébés”, qu’il s’agisse de bouger, de crier ou de pleurer sans risquer de “regards désapprobateurs”, comme dans nombre d’espaces publics. Si les projections sont présentées comme étant à destination des “adultes accompagnés de bébés”, elles restent ouvertes à tous, ce qui peut donner lieu à des surprises, selon le Times.

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Dans un autre cinéma du quartier de Park Slope, une employée confie aussi au quotidien que les séances “bébés bienvenus” suscitent parfois l’incompréhension et des reproches. À l’image de cet homme lui ayant lancé, après une projection de Furiosa : Une saga Mad Max : “Comment pouvez-vous laisser des bébés regarder ça ?” L’employée lui a répondu qu’ils ne “regardaient pas”.

Lors de ces projections, les nourrissons semblent en effet bien plus occupés à s’agiter, à gazouiller, à boire leur lait et à sautiller sur les genoux de leurs parents qu’à regarder l’écran. Ou, pour les plus chanceux, à faire la sieste.