La superficie des plantations de coca dans en Bolivie a atteint, en 2025, « 36 400 hectares », ce qui « représente une augmentation nationale de 7 % » en un an, a affirmé, mardi 8 septembre, la représentante de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), Monica Mendoza. Une expansion notamment forte dans le fief de l’ancien président Evo Morales, où les opérations d’éradication ont échoué.
Ces chiffres couvrent les dix derniers mois du mandat du président de gauche, Luis Arce (2020-2025), et le début du mandat du président de centre droit, Rodrigo Paz, qui a pris ses fonctions en novembre. La plus forte expansion a été enregistrée dans le département de Cochabamba (22 %), dans le centre du pays, où se concentre désormais près de la moitié des cultures de coca.
« Il n’y a pas eu de véritable lutte contre le trafic de drogue » dans cette région, a déclaré auprès de l’Agence France-Presse (AFP) Gloria Achá, chercheuse spécialisée dans les politiques en matière de drogues. Depuis l’administration Morales (2006-2019), l’Etat « n’a pas pu accéder » à cette zone en raison des pressions exercées par le mouvement des cultivateurs de coca, dont l’ancien président est lui-même issu, a-t-elle expliqué.
L’accès à la région est désormais encore plus restreint.
Depuis près de deux ans, l’ex-président est retranché dans ce secteur pour échapper à deux mandats d’arrêt lancés contre lui pour traite d’une mineure et soulèvement armé, des accusations qu’il nie. Des paysans montent la garde pour empêcher toute incursion policière.
Selon les données de l’ONUDC, en 2025, à peine 2 700 hectares de cultures de coca ont été éradiqués dans le pays. A titre de comparaison, ce chiffre s’élevait à au moins 10 000 hectares par an au cours des trois années précédentes.
Ces derniers mois, le trafic de drogue a engendré une vague de violence sans précédent dans l’est du pays, où les groupes criminels brésiliens Primeiro Comando da Capital (PCC) et Comando Vermelho (CV) se disputent le contrôle de couloirs servant au trafic de cocaïne.
La consommation de la feuille de coca fraîche est légale et a un caractère traditionnel en Bolivie. Selon l’ONU, le pays est aussi le troisième producteur mondial de cocaïne − sa forme transformée − après la Colombie et le Pérou.