Par un après-midi étouffant du mois de mai, je me rends dans le quartier d’Aram Nagar, dans la banlieue de Bombay. À la Mukesh Chhabra Casting Company (MCCC), des jeunes hommes défilent devant un garde de sécurité pour entrer dans une enceinte ornée de gazon artificiel. À l’extérieur, les murs sont couverts de fresques colorées représentant des vedettes de Bollywood. À l’intérieur, les hommes inscrivent à tour de rôle leurs informations sur une ardoise, puis attendent de passer devant la caméra.
Dirigée par le célèbre directeur de casting et réalisateur indien Mukesh Chhabra, la MCCC est sans doute l’agence la plus puissante du pays dans ce domaine. Les hommes que j’y croise sont tous des aspirants acteurs ou, comme on les appelle à Bombay, des “strugglers” [le verbe anglais to struggle signifie “galérer”, “peiner”]. Ils viennent ici pour enregistrer des vidéos, appelées “intros”, dans le cadre des auditions ouvertes organisées quotidiennement par l’agence.
Des auditions ouvertes
J’observe le jeune employé chargé de filmer les démos sur une caméra portable. “Baisse ton ardoise”, ordonne-t-il à un aspirant acteur, avant de lui demander les mêmes informations qu’aux autres avant lui : nom, âge, taille, numéro de téléphone, adresse, langues, expérience d’acteur, ville d’origine, co
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