Depuis les premiers bombardements américains sur l’Iran, le 28 février, les marchés financiers résistent, bien que le conflit ait bouleversé en profondeur les prévisions macroéconomiques.
L’onde de choc a été importante sur le marché obligataire : le taux d’emprunt à dix ans de la France est passé de 3,4 % en février à 3,7 % en juin. Celui des Etats-Unis, inférieur à 4 % avant le conflit au Moyen-Orient, a bondi à un point haut de 4,7 % le 19 mai. Des mouvements de hausse similaires ont frappé le Japon et l’Europe. La hausse des coûts d’emprunt des Etats affecte l’ensemble de leurs économies, puisque les banques se basent en partie dessus pour financer les entreprises et les particuliers. En parallèle, le blocage du détroit d’Ormuz par les forces iraniennes, par lequel transitait un quart des échanges maritimes de pétrole avant la guerre, tire les prix de l’énergie à la hausse.
En quelques jours, les prévisions macroéconomiques ont été rendues caduques. « En début d’année, tout le monde tablait sur une baisse de l’inflation et au moins une baisse des taux d’intérêt directeurs de la Banque centrale européenne [BCE] et de la Réserve fédérale américaine. Désormais, c’est tout l’inverse ! Les marchés anticipent une inflation à 4 % en Europe », explique Alexandre Baradez, responsable de l’analyse de marchés chez le courtier IG. Résultat, la BCE a augmenté ses taux jeudi 11 juin à 2,25 %.
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