Il y a quelque chose de rassurant chez Rebecca Solnit. Son regard clair, sa voix calme, sa cascade de boucles mi-blanches, mi-blondes, sa capacité à mettre en mots nos malaises contemporains en tirant le fil d’un futur désirable. Une conscience lucide et prolifique de l’Amérique progressiste dont la voix résonne à quelques semaines des élections de mi-mandat, qui serviront de baromètre à la popularité du président Donald Trump.
En France, les initiés la connaissent pour son essai Men Who Explain Things (« les hommes qui expliquent des choses »), paru dans le Los Angeles Times en 2008, qui raconte comment, lors d’un dîner mondain, un homme lui a expliqué le contenu d’un livre… dont elle était l’autrice. L’anecdote est à l’origine du terme anglo-saxon « mansplaining » (lorsqu’un homme explique à une femme quelque chose qu’elle sait déjà), qui s’est fait une place dans le vocabulaire des féministes, avant de rejoindre l’édition 2021 du Petit Robert.
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