Cela restera sans doute l’annonce la plus applaudie de ce congrès de la Société européenne d’oncologie médicale (ESMO), du 23 au 27 octobre à Madrid. Samedi 24 octobre, face à un parterre de quelque 8 000 médecins et chercheurs, Jacob Sands, oncologue au Dana-Farber Cancer Institute à Boston, révélait les résultats d’un essai clinique qui évaluait l’intérêt d’un traitement innovant, une combinaison de deux immunothérapies, contre le cancer du poumon à petites cellules. Cette double immunothérapie, administrée juste après la chimiothérapie chez des patients atteints de ce type de cancer en phase étendue (quand la maladie s’est propagée vers des ganglions éloignés ou des organes à distance), a pu « réduire le risque de décès de 58 % », a résumé l’oncologue américain. Son sourire rayonnant, démultiplié sur une dizaine d’écrans géants, a fait écho à l’ovation de la salle.
Il faut dire que ce cancer est l’un des plus agressifs qui soient. Il représente 15 % environ de tous les cancers du poumon, soit 6 000 des 40 000 nouveaux cas survenant chaque année en France. « On parvient à en guérir les formes localisées, mais au stade étendu, la maladie évolue très rapidement », note Benjamin Besse, directeur adjoint de la recherche clinique de l’Institut Gustave-Roussy, à Villejuif (Val-de-Marne). Ce type de cancer, de surcroît, touche, plus encore que d’autres, les fumeurs ou ex-fumeurs − déjà fragilisés, donc, par d’autres affections.
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