Que s’est-il passé il y a environ sept mille ans dans ce qui est aujourd’hui le paisible village de Herxheim, en Rhénanie-Palatinat (Allemagne) ? Un hameau de paysans s’est transformé en un lieu de massacre de dimension industrielle, sans équivalent dans la préhistoire : plus d’un millier d’individus, hommes, femmes et enfants, ont été tués, probablement passés à la broche, décharnés, leurs ossements brisés avec un acharnement méthodique, avant d’être jetés dans des fosses entourant les habitations.
S’agissait-il de cannibalisme, comme le soutient le paléoanthropologue Bruno Boulestin, qui voit dans Herxheim « le site le plus fabuleux » qu’il ait étudié ? Ou d’exécutions de masse ritualisées, mais sans consommation humaine, ainsi que le pense sa collègue Andrea Zeeb-Lanz, responsable des fouilles et des collections auprès du service régional d’archéologie à Spire ?
Les lieux ont été occupés entre 5300 et 4950 avant J.-C. Le village est entouré d’une double rangée de fosses, sans caractère défensif, formant un trapézoïde d’environ 5 hectares. Des traces de longues maisons typiques de la culture rubanée, définie par des poteries à décors linéaires, y ont été mises au jour, ainsi que des tombes ordinaires.
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