Quand Carmen a rencontré Julián, elle avait 22 ans et commençait à enseigner les mathématiques dans un lycée. Lui avait trois ans de plus et préparait les concours d’entrée dans la police locale. Ils vivaient dans un petit appartement aux murs enduits de crépi, meublé Ikea.

Pendant que Carmen corrigeait ses copies dans la cuisine, Julián faisait ses exercices d’entraînement dans le salon. Souvent, sur le canapé ou à la table, il y avait aussi Laura, la meilleure amie de Carmen, qui s’était rapprochée de Julián, pour le bonheur de sa petite amie. Le trio partageait une même passion pour le sport : le matin, ils allaient courir, le week-end, ils partaient en rando, et en hiver, c’était le ski. Carmen appréciait beaucoup cette complicité – ses deux êtres chers réunis sur le même canapé.

La trahison est venue comme ces maladies sans fièvre dont on ne se rend compte que trop tard. Carmen l’a remarquée peu à peu, dans les silences, les réponses un peu rapides de Julián, les confidences que Laura ne faisait plus. En marge des conversations à voix haute, un murmure grandissait. Jusqu’à ce que la fracture se révèle être un gouffre.

Ce soir de février, Carmen est rentrée plus tôt que prévu. Sa clé tourne dans la serrure avec un bruit mat, elle ouvre la porte : ils sont tous les deux dans