Caroline Fourgeaud-Laville : retrouver un peu d’humanité grâce aux humanités
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Dans son dernier ouvrage en date, Humanités, peut-on vivre sans elles ? publié aux Éditions de l’Observatoire, Caroline Fourgeaud‑Laville entreprend de réhabiliter les humanités, et notamment l’apprentissage du grec ancien et du latin. Elle s’en explique au micro de Pierre-Édouard Deldique dans ce nouveau numéro du magazine Idées.
L’argumentaire du livre est clair. On y lit ceci :
« Contrairement aux idées reçues, les humanités - le grec et le latin, mais aussi la philosophie, la philologie, ou encore l'histoire antique - ne sont pas élitistes : elles démocratisent l'accès au sens des mots, déjouent les pièges de la novlangue, aiguisent l'esprit critique. Des neurosciences à l'IA, des start-ups aux champs de bataille, du grec biblique aux cryptomonnaies, de la défense à l'économie, l'auteure démontre leur actualité brûlante. Elle nous fait parcourir le monde, d'une école d'Irlande du Nord où Sénèque apaise les enfants traumatisés, aux vétérans américains qui se reconstruisent en lisant Sophocle, des campus de Princeton aux laboratoires qui percent les secrets des papyrus carbonisés d'Herculanum ».
Or, il faut le constater, entre les discours utilitaristes, les injonctions à la rentabilité et la fascination pour les technologies, les disciplines littéraires, historiques et philosophiques sont peu à peu reléguées au rang de survivances d’un monde ancien.
Caroline Fourgeaud-Laville, passionnée par son sujet, fondatrice d’une association d’apprentissage du grec ancien dans les écoles, refuse cette résignation. Sa fougue au micro donne, s’il en était besoin, un surcroît de force à son propos. Sa défense des apports des humanités dans la vie individuelle et collective est pour le moins convaincante.
Elle montre comment la littérature apprend à nourrir la complexité de la vie plutôt qu’à la réduire ; la philosophie donne à penser contre soi, à défaire ses propres évidences ; l’histoire enseigne la distance critique et la conscience des temporalités, les langues anciennes ouvrent un espace où l’on découvre que d’autres mondes sont possibles.
Les humanités ne sont donc pas un luxe, mais une école de liberté intérieure, un apprentissage de la nuance, de la pluralité et du discernement — des compétences d’autant plus cruciales dans un environnement saturé d’informations rapides, d’infox et de clashs.
Dans un monde où les repères vacillent, où les discours simplificateurs prospèrent, où l’accélération technologique menace d’écraser la réflexion, les humanités offrent un contrepoint décisif.
Voici l’adresse du site de notre invitée ce dimanche.
Programmation musicale :
- To Tragoudi Tou Andrea
- Pause à Samos
Elisa Vellia ; Franck René ; Christophe Gauvert.
(2 morceaux différents interprétés par les mêmes musiciens).
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