Cécile Alduy: des mots aux personnes, l'épuration linguistique aux Etats-Unis
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« Crise climatique » « handicap » « diversité » « LGBT » « racisme » environ 250 mots ont été bannis des documents administratifs et des sites gouvernementaux aux Etats-Unis depuis janvier 2025. Comment cette guerre culturelle et linguistique laisse désormais place à une guerre concrète contre les individus ? La même chose pourrait-elle arriver en France ?
Cécile Alduy vit aux Etats-Unis depuis vingt ans et elle observe depuis janvier 2025 le sentiment de peur qui étreint toute la population devant un état répressif "jusque dans la manière dont on a le droit de parler ou de chercher" explique-t-elle.
"On interdit de faire de la recherche sur un certain nombre de sujets".
Une véritable police du langage s'est mise en place et les Universités sont devenues "l'ennemie public N°1". Et pour cause, le langage y est utilisé pour penser, pour débattre.
Le régime Trump utilise la langue comme une arme de destruction : on efface la langue et les mots "comme un nouvel ordre du langage".
Au fil de son enquête, Cécile Alduy a recensé près de 400 mots interdits. Une liste tentaculaire.
Des mots comme « gender » ont été retirés des textes fédéraux. Ce qui est visé, au fond, c’est tout ce qui n’est pas « pensée MAGA ». Ce ne sont pas seulement des mots qui disparaissent, mais les gens qu’ils désignent : une véritable purification lexicale.
Pour Cécile Alduy, supprimer ce vocabulaire, c’est attaquer des droits concrets : « si on élimine le mot “transgenre”, cela veut dire qu’on ne peut plus renouveler son passeport, on n’existe plus socialement. Ce sont des attaques réelles. On nettoie de l’espace public la visibilité de beaucoup de gens. »
Selon la chercheuse, une menace comparable pèse aujourd’hui sur la France : « on commence à être sous emprise, on commence à s’autocensurer ». Elle propose de faire de ces mots interdits des "mots‑étendards" : « si ces mots sont interdits, c’est qu’ils ont du pouvoir. Il faut les utiliser, même un mot comme “fœtus” : sans ce mot, pas de droit à l’avortement. Il faut une langue qui nous aide à penser plus. »
Invitée: Cécile Alduy, professeur de littérature à l’Université de Stanford. Chercheuse associée au CEVIPOF à Paris. Son essai « D’abord, ils sont venus chercher les mots » est paru aux éditions des Arènes.
Et la chronique Ailleurs nous emmène à Lomé pour parler de la saison 10 du festival « rendez-vous international du rire à Lomé »et c’est Valentin VIEYRA, artiste humoriste - formateur en techniques d'écriture humoristique et en Gestion scénique et directeur de ce festival qui nous en parle !
Programmation musicale :
L'artiste BEN Plg avec le titre Histoire sans fin
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