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CEP, Gouvernement et BINUH : la démocratie haïtienne prise en otage par une guerre de contrôle

Par Reynoldson Mompoint Port-au-Prince, le 05 juin 2026 Quand les gardiens des élections deviennent les acteurs d’une bataille de pouvoir À mesure que s’approche l’échéance électorale censée remettre Haïti sur les rails de la légitimité démocratique, un spectacle inquiétant se déro

CEP, Gouvernement et BINUH : la démocratie haïtienne prise en otage par une guerre de contrôle
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5 juin 2026
CEP, Gouvernement et BINUH : la démocratie haïtienne prise en otage par une guerre de contrôle
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CEP, Gouvernement et BINUH : la démocratie haïtienne prise en otage par une guerre de contrôle

  • by Rezo Nodwes
  • 5 juin 2026
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Par Reynoldson Mompoint 

Quand les gardiens des élections deviennent les acteurs d’une bataille de pouvoir

À mesure que s’approche l’échéance électorale censée remettre Haïti sur les rails de la légitimité démocratique, un spectacle inquiétant se déroule sous les yeux d’une population déjà épuisée par l’insécurité, la misère et les crises institutionnelles à répétition. Le Conseil Électoral Provisoire (CEP), le gouvernement dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé et le Bureau Intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH) semblent engagés dans une lutte silencieuse dont l’enjeu dépasse largement la simple gestion administrative d’un processus électoral.

Ce qui se joue aujourd’hui n’est pas seulement un différend autour de nominations, de prérogatives ou de mécanismes de fonctionnement. C’est une bataille pour le contrôle de l’institution appelée à arbitrer l’avenir politique du pays.

Dans cette confrontation, chacun porte sa part de responsabilité. Le CEP a eu tort d’installer sur la place publique un conflit qui aurait dû être traité dans le cadre du dialogue institutionnel. Une institution électorale n’inspire confiance que lorsqu’elle se place au-dessus des passions politiques et des querelles de pouvoir. Chaque sortie médiatique conflictuelle, chaque correspondance rendue publique, chaque bras de fer exposé aux citoyens contribue à fragiliser davantage une crédibilité déjà précaire.

Cependant, cette erreur du CEP ne saurait servir d’alibi à une dérive beaucoup plus préoccupante : la volonté apparente du gouvernement de soumettre progressivement l’institution électorale à sa propre logique de contrôle.

Depuis plusieurs décennies, l’histoire politique haïtienne est marquée par une constante : la difficulté des gouvernements à accepter l’existence de véritables contre-pouvoirs.

Les présidents, les premiers ministres, les gouvernements provisoires et les administrations de transition ont souvent développé la même tentation : celle de considérer les institutions de l’État comme des prolongements de leur propre autorité. Cette culture politique demeure vivace.

À travers la controverse entourant la nomination d’un Directeur général au sein du CEP, beaucoup d’observateurs ont eu le sentiment que l’Exécutif cherchait moins à assurer le fonctionnement harmonieux de l’institution qu’à établir une présence directe au cœur même de l’appareil électoral.

Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé ne peut agir comme si le CEP constituait une direction technique de la Primature. Il ne peut davantage se comporter comme un souverain distribuant les fonctions et imposant ses choix à une institution dont la raison d’être repose précisément sur son autonomie.

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