A mesure que le nombre d’immigrés entrant illégalement à Ceuta, en Espagne, depuis le Maroc augmentait, vendredi 31 juillet, la situation a pris une dimension européenne.
Emmanuel Macron a demandé au ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, de « renforcer les contrôles à la frontière avec l’Espagne », selon son entourage, cité par l’AFP, et promis que « la France se tient prête à apporter aux autorités espagnoles tout l’appui nécessaire », notamment à travers l’agence européenne chargée du contrôle des frontières, Frontex.
Le chancelier allemand Friedrich Merz a, lui, demandé au Maroc de « reprenne immédiatement les migrants en situation irrégulière » après l’afflux de dizaines de milliers de personnes depuis le royaume vers l’enclave espagnole de Ceuta.
Alors que la cheffe de la Commission européenne Ursula von der Leyen a dénoncé des images « inacceptables », en Italie, la présidente du conseil, Giorgia Meloni (d’extrême droite), a appelé à « des mesures exceptionnelles (…), comme la suspension de l’accord de Schengen avec l’Espagne ». Ce que le ministre espagnol des affaires étrangères, José Luis Albares, a qualifié de « démagogie ».
Mais, dans la foulée, la ministre de l’intérieur finlandaise, Mari Rantanen, a soutenu cette proposition. « Les pays qui ne remplissent pas leur obligation de protéger la frontière extérieure ne peuvent pas être membres de Schengen », a-t-elle écrit sur X. Membre d’un parti anti-immigration membre de la coalition au pouvoir, il n’est pas clair si sa position est celle du gouvernement.
Josep Borrell, ancien chef de la diplomatie européenne, a réagi sur X pour rappeler que « dans la loi européenne, aucun pays ne peut unilatéralement suspendre la participation d’un autre » à l’espace Shengen.