Un rapport de la police espagnole est venu fragiliser la version défendue depuis le début de la crise de Ceuta par le gouvernement de Pedro Sanchez, selon laquelle aucun élément ne permet de mettre en cause le Maroc dans l’arrivée massive de plusieurs dizaines de milliers de migrants dans l’enclave espagnole, les 30 et 31 juillet.
Le document, publié par la presse espagnole et que Le Monde a pu consulter, a été élaboré par le Centre national d’immigration et des frontières (Cenif), l’unité de renseignement du commissariat général aux étrangers et aux frontières de la police nationale. Il a été transmis à l’Audience nationale, la plus haute juridiction pénale du pays, qui examine l’éventuelle ouverture d’une enquête sur les circonstances de cet afflux.
Ses conclusions tranchent avec les déclarations publiques du chef du gouvernement, qui a assuré qu’il n’existait aucun indice permettant de soupçonner Rabat d’avoir organisé le mouvement. Lundi 31 août, M. Sanchez avait au contraire salué la « coopération instantanée, immédiate » du pays voisin et souligné l’étroite collaboration entre les deux Etats pour organiser les retours.
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