L’intelligence artificielle (IA) ne sera vraiment intelligente que lorsqu’elle saura se mouvoir dans notre monde en trois dimensions. Cette conviction – très grossièrement résumée – est en train de quitter les marges du champ scientifique pour s’imposer au cœur des débats sur l’IA. Fei-Fei Li, chercheuse américaine en informatique d’origine chinoise, dont les mérites sont trop nombreux pour être tous cités ici, a largement façonné cette réflexion en posant ses bases techniques.

Les passionnés de l’histoire de l’Antiquité de l’IA (vers l’an 2010 de notre ère) la connaissent en tant que fondatrice du projet ImageNet. C’est à partir de cette base de données d’images que les ancêtres primitifs des actuels modèles d’IA ont appris à voir ou, plus précisément, à reconnaître des objets – cette image représente un chat, celle-là une fraise. Cette percée a jeté les bases qui nous permettent aujourd’hui de générer des images photoréalistes à partir de commandes textuelles. (Ce qui, indépendamment de l’utilisation qu’en fait le président américain, demeure une prouesse technique.)

Vers l’intelligence artificielle générale

Aujourd’hui directrice de l’Institut pour une IA centrée sur l’humain [HAI, human-centered AI] à l’université Stanford, Fei-Fei Li a également fondé l’entreprise World Lab