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Astronomie

Chez l’avocatier, la reproduction est chronométrée

La plante échappe à l’autopollinisation avec un développement asynchrone des organes mâles et femelles de ses fleurs. Le gène à l’origine de ce phénomène pourrait permettre de déterminer le type des avocatiers avant leur plantation, se réjouit Alice Lebreton dans sa Carte blanche au «

Chez l’avocatier, la reproduction est chronométrée
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« Avant l’heure, c’est pas l’heure. Après l’heure, c’est plus l’heure », chantait Edith Piaf sur le thème des amours manquées. Dans cette chanson où l’on aime, mais trop tard, un sergent et un notaire, pas trace d’avocat… et pourtant ! Dans le règne végétal, l’avocatier fait autorité en matière de ponctualité des rencontres entre sexes opposés.

Comme chez les autres plantes à fleurs, cette rencontre est celle des grains de pollen avec le pistil, pièce centrale femelle de l’appareil reproducteur floral. Les étamines qui l’entourent sont les pièces mâles qui émettent le pollen. Après la fécondation, le pistil se transforme pour donner le fruit que nous nommons avocat.

Bien que la proximité spatiale entre étamines et pistil favorise en principe l’autopollinisation, de nombreuses espèces y échappent par un développement asynchrone des pièces florales de chaque sexe. Chez l’avocatier, cette séparation temporelle est poussée à l’extrême : chaque fleur s’ouvre une première fois pendant deux à trois heures en exposant son pistil, puis le lendemain une seconde fois pour libérer le pollen pendant quatre à six heures, avant de faner.

De plus, les fleurs au stade mâle ou femelle d’un même arbre ne s’ouvrent pas au même moment de la journée : pour certains avocatiers, appelés « type A », la forme femelle s’ouvre à la mi-journée, puis la forme mâle est différée en fin de journée le lendemain. Le délai entre les deux stades est nettement plus court chez les avocatiers de type B, avec une première ouverture sous forme femelle l’après-midi, suivie de la forme mâle le lendemain matin. Pendant la période de floraison, chaque arbre produit de nouvelles fleurs tous les jours, si bien que le pollen libéré par les arbres B peut polliniser les arbres A en milieu de journée, et inversement en fin de journée.

Un brassage génétique amplifié

Ce barrage temporel contre l’autofécondation amplifie considérablement le brassage génétique. Une étude de filiation menée à l’université de Californie sur 374 avocatiers issus du croisement spontané entre six arbres (trois A, trois B) a en effet confirmé que les parents de type A ont été fécondés à 85 % par des pollens produits par les B, et les B, à 88 % par des pollens provenant des A.

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