Depuis plus de cinquante ans, la dessinatrice colombienne Consuelo Lago croque le personnage de Negra Nieves : une femme noire originaire du Pacifique colombien qui commente l’actualité locale. Ses aphorismes ont nourri les pages du quotidien colombien El País, à Cali, avant d’être publié par le journal de centre gauche El Espectador, qui continue à les insérer dans ses pages quatre fois par semaine. Mais sont-elles “la preuve d’un racisme quotidien” existant en Colombie, caché derrière la “sympathie” qu’inspire le personnage ?

Le sujet est sensible dans un pays où le racisme est souvent considéré comme structurel et où il a fallu attendre 2022 pour qu’une femme d’ascendance africaine parvienne à occuper la vice-présidence.

Dans un long reportage, El Espectador est allé à la rencontre de Consuelo Lago, lors d’une brève panne d’inspiration de celle-ci. À 96 ans, elle a réalisé 15 000 caricatures de ce personnage “éternellement jeune, élancé et souple comme une gymnaste, aux cheveux bouclés, qui pose toujours de profil et dont l’image est accompagnée d’une petite phrase, tantôt comique, tantôt philosophique ; tantôt politique, tantôt énigmatique”.

Procès pour stéréotype raciste

Negra Nieves est née en 1968, à Cali. À 30 ans, Consuelo Lago, séparée de son mari “bien avant que le di