La lutte contre le moustique est un travail de fourmi. Chaque matin, durant la semaine de travail, l’équipe de Suraj Russeeawon arpente une poignée de rues, dans une des localités de l’île Maurice. Ces employés du ministère de la santé frappent à chaque porte, chaque portillon. En cette fin de matinée d’avril, le soleil irradie la rue sans ombre et la plupart des coups de sonnette restent sans réponse dans ce quartier comptant beaucoup de résidences secondaires, près de Grand Baie, une anse majestueuse à l’extrême nord de l’île. « C’est beaucoup de travail », admet en s’épongeant le front l’énergique agent de surveillance sanitaire.
Un portail finit par s’ouvrir sur une fraîche cour arborée où l’équipe se met à inspecter les sources d’eau stagnante. La principale arme de M. Russeeawon est une louche de cuisine, qu’il passe méticuleusement dans les flaques, les bidons recueillant l’eau de pluie ou accueillant des plantes, sans oublier la piscine. Au fond, frémissent parfois de minuscules larves noires : de futurs moustiques.
L’équipe renverse alors le contenant pour tuer le gîte larvaire. Qu’importe s’il s’agit ou non d’Anopheles arabiensis, une espèce vectrice du paludisme et encore présente à Maurice : les autres moustiques y sont aussi transmetteurs de maladies infectieuses, comme le chikungunya et la dengue. Chacun de ces frêles insectes présente donc un risque de santé publique.
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