À en croire David Carretta, correspondant à Bruxelles du média italien Il Foglio, toujours très au fait des négociations dans les coulisses de l’Union européenne (UE), “les institutions européennes sont actuellement en ébullition”. Cette tension s’explique par une proposition de réforme qui porte la signature de Berlin et Paris et qui propose “de rapatrier une grande partie du Service européen pour l’action extérieure [SEAE, le service diplomatique de l’UE] au sein de la Commission européenne”, précise le journal milanais.

Si de l’extérieur ce mouvement peut ressembler à du bricolage bureaucratique anecdotique, en réalité, un tel changement aurait d’importantes implications à l’intérieur de l’UE. Car il s’inscrit dans une forme d’une guerre froide à laquelle se livrent en ce moment deux des plus importants dirigeants de Bruxelles. À savoir, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen et la haute représentant de l’Union européenne pour les affaires étrangères, Kaja Kallas, dont les différends sont bien connus à l’intérieur du microcosme bruxellois.

Par le rôle que lui confèrent les traités, l’Estonienne est actuellement la personne en charge du SEAE. D’où sa crainte que si ce dernier se fait rapatrier au sein de la Commission, ses compétences ne finissent par