Pendant près de vingt ans, le pilote de Canadair Alexandre Jauffret a rarement été appelé hors de la région où il fait le plus chaud en France métropolitaine : la côte méditerranéenne. Son avion servait généralement à prélever de l’eau dans la mer, des cours d’eau et des lacs, pour la déverser ensuite sur des feux de forêt non loin du littoral. Plus maintenant.

Le week-end du 14 juillet, son groupe de Canadair s’est ravitaillé dans la Seine pour répandre de l’eau sur les flammes qui consumaient la forêt de Fontainebleau, à une cinquantaine de kilomètres de Paris.

“On n’aurait jamais imaginé ça, témoigne cet ancien pilote de chasse âgé de 59 ans qui combat les flammes depuis 2007. Avant, c’était le Sud qui brûlait. Maintenant, c’est toute la France qui brûle ou qui pourrait brûler.”

Les nouvelles destinations d’Alexandre Jauffret suivent l’évolution du dérèglement climatique et ses effets sur la lutte contre les incendies en Europe. Le continent se réchauffe deux fois plus vite que la moyenne mondiale, ce qui amplifie la saison des feux en France : elle se prolonge du printemps à l’automne et elle concerne maintenant des régions du pays qui étaient considérées comme pluvieuses et très vertes.

“Nous n’avions jamais été confrontés à un tel feu”

À la mi-juillet, pendant la troisième