[Cet article a été publié pour la première fois sur notre site le 12 juillet 2025 et republié le 22 juillet 2026]
Dans les années 1980, alors que je découvrais encore le monde, les touristes débarquaient sur mon île pour apprécier son authenticité, la vie simple de la population locale et sa tranquillité. Il était tout à fait normal de rejoindre la famille d’hôte pour un barbecue, de déguster du vin et de l’eau-de-vie faits maison dans la cave du grand-père, d’amener les touristes en bateau sur une plage isolée et de leur offrir un tour de l’île. Les maisons et les appartements n’étaient pas fermés à clé, les enfants jouaient ensemble.
Les touristes n’étaient gênés ni par le chant du coq à l’aube, ni par l’odeur de l’étable, ni par les moutons qu’ils croisaient le soir en revenant de la plage, ni par le bruit d’un tracteur dans les champs. Au contraire, ils avaient le privilège de goûter du fromage fait maison et de boire du lait frais, de savourer des tomates lavées par la rosée. Marqués par des souvenirs et toutes sortes de saveurs et d’odeurs, ils revenaient année après année. Des amitiés naissaient, parfois de l’amour : il arrivait que des touristes deviennent des membres de la famille.
Les plages étaient encore parsemées de rochers, le môle était caillouteux, mais nous y co
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