« On doit le respect à un champ de blé (…), parce que c’est de la nourriture pour les hommes », jugeait la philosophe Simone Weil (L’Enracinement, 1949). Mais d’où vient ce pouvoir nourricier des grandes céréales cultivées – blé, maïs, riz –, pouvoir qui a permis l’essor de la civilisation humaine ?
C’est la déesse des moissons romaine, Cérès, qui a inspiré leur nom. Les céréales fournissent « plus de 40 % des calories consommées par notre espèce », précise Kentaro Shimizu, de l’université de Zurich (Suisse).
C’est évidemment dans leurs graines que se niche le premier secret de leur importance agricole. Car elles accumulent un sucre complexe, l’amidon, de haute valeur énergétique. « Une graine plus riche en énergie peut germer, lever et entamer la photosynthèse plus rapidement. Ce qui permet à la plante de croître plus vite et de concurrencer plus efficacement les plantes à croissance plus lente », expliquent les auteurs d’une étude américaine, publiée dans la revue Science du 20 août, qui s’est attachée à comprendre les moteurs de ce succès évolutif.
Le second secret de ce succès était également connu : il vient de cet autre polymère que produisent ces plantes en quantité, la lignine. En tissant des réseaux tridimensionnels, ce constituant majeur des parois cellulaires confère aux céréales leurs capacités de croissance rapide et « leur grande résistance mécanique », note Kentaro Shimizu. La paille, sous son air échevelé, en offre un bel exemple…
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