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Comment soigner votre “dysmorphie financière”

Psychologie. Comment soigner votre “dysmorphie financière” 2 octobre 2026 “J’ai grandi dans une famille qui vivait des aides sociales. Nous avons toujours eu un logement et assez à manger, mais on ne pouvait se permettre aucune fantaisie. Bien qu’une fois adulte j’aie eu la chance de t

Comment soigner votre “dysmorphie financière”
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Psychologie. Comment soigner votre “dysmorphie financière”

“J’ai grandi dans une famille qui vivait des aides sociales. Nous avons toujours eu un logement et assez à manger, mais on ne pouvait se permettre aucune fantaisie. Bien qu’une fois adulte j’aie eu la chance de trouver des emplois correctement rémunérés, j’ai toujours eu du mal à me défaire d’une certaine dysmorphie financière.”

Ce témoignage, c’est celui de Sigal Samuel, une journaliste de Vox qui explique être longtemps “restée anxieuse” face à la peur de perdre son argent.

D’après The New York Times, ce trouble – non reconnu médicalement – désigne “des angoisses irrationnelles liées à ses propres finances”.

En 2023, près de trois adultes américains sur dix affirmaient en souffrir, une proportion qui atteignait 41 % chez les milléniaux, âgés de 25 à 45 ans.

Mais alors comment se soigner ? Pour la journaliste de Vox, l’une des solutions est de faire des dons.

D’abord effrayée à l’idée de donner de l’argent, ce geste de générosité a fini par lui procurer un “bien-être immense”.

“Non seulement je savais que cela aidait les autres, mais ça m’a aussi rappelé que je ne suis pas un être solitaire, que je suis quelqu’un de connecté à tous les autres humains.”

La journaliste du média américain Vox Sigal Samuel

Pour devenir philanthrope, Sigal Samuel explique avoir suivi plusieurs étapes.

Elle a d’abord commencé par des petits dons de 10 dollars, avant de porter progressivement la somme à “plusieurs milliers de dollars par an”.

L’autre point important évoqué, c’est de “comprendre comment optimiser les versements”.

Par exemple, la journaliste explique choisir des ONG dont elle peut suivre les fonds donnés et leur utilisation. Mais cette optimisation de son argent a des limites.

“Comment effectuer une comparaison quand il s’agit par exemple de faire un choix entre lutter contre le paludisme ou venir en aide aux personnes souffrant de dépression ? Entre sauver des vies ou améliorer leur qualité ? La bonne réponse n’existe pas. Dans ce domaine, les classements de valeur reposent sur des postulats philosophiques propres à chacun d’entre nous.”

La journaliste du média américain Vox Sigal Samuel

Autre point essentiel évoqué par Sigal Samuel : celui des limites de la charité.

Elle s’appuie sur le concept de “saint moral” théorisé par la philosophe Susan Wolf, qui critique les personnes transformant toutes leurs actions en gestes caritatifs, au point de s’oublier soi-même.

Ainsi, il faut accepter par moments de développer des aspects plus égoïstes de son quotidien, comme la lecture ou d’autres plaisirs de la vie, et laisser le reste de la société prendre le relais de la générosité.

Objectif : éviter de devenir aigri à force de donner, et se percevoir non pas comme un “donateur” mais comme “un membre d’un réseau”.

Et pour ceux qui seraient encore réticents à faire des dons, la journaliste soulève un dernier point : “Donner de l’argent à des œuvres caritatives est un moyen de faire beaucoup de bien, mais cela ne veut pas dire que c’est la seule façon de le faire.”

Elle cite par exemple la sadaqa, une tradition islamique qui consiste à aider son prochain gratuitement – porter ses bagages, par exemple –, ou tout simplement à le complimenter.

Un geste de solidarité “qui demande encore plus d’efforts sur le plan moral qu’un acte de bienfaisance financier”.

[Cet article a été publié pour la première fois sur notre site le 2 janvier 2026, et republié le 2 octobre]

Mélissa David
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