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Comprendre la dissuasion nucléaire en cartes

Alors que s’est achevée, vendredi 22 mai, aux Nations unies, la Conférence des parties chargée d’examiner le traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, explication en cartes et graphiques des mécanismes de l’équilibre par la peur.

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Comprendre la dissuasion nucléaire en cartes

Par Flavie Holzinger, Audrey Lagadec et Eric Dedier
Publié aujourd’hui à 06h30

Temps de Lecture 2 min.

La dissuasion nucléaire repose sur un apparent paradoxe : préserver la paix grâce à des armes capables d’anéantir des villes entières. Elle consiste à prévenir la guerre en rendant son coût inacceptable pour l’adversaire. Depuis la fin de la guerre froide, les arsenaux ont globalement diminué sous l’effet d’accords visant à en limiter le nombre.

Aujourd’hui, pourtant, les conditions de cet équilibre se transforment. La montée des tensions internationales a ravivé une dynamique que l’on pensait en déclin : celle d’une compétition stratégique nucléaire. Dans cet environnement sécuritaire dégradé, les Etats cherchent à garder une capacité de dissuasion aussi crédible et efficace que possible. Au-delà des rapports de force visibles, celle-ci s’appuie sur un système complexe de missiles balistiques, de sous-marins nucléaires et de bombardiers stratégiques maintenus en alerte.

L’arme nucléaire demeure l’un des principaux instruments de puissance et de pression sur la scène internationale. Neuf Etats en disposent officiellement. D’autres tentent d’y accéder en dépit des mécanismes de non-prolifération et des efforts diplomatiques ou militaires déployés pour les en empêcher. Menaces explicites, déploiements de forces et opérations clandestines visant des infrastructures ou des programmes sensibles témoignent d’un durcissement des rivalités autour du nucléaire. De l’Europe orientale au Moyen-Orient en passant par l’Asie, plusieurs crises régionales rappellent que le risque d’escalade impliquant l’arme nucléaire est bien réel.

Etat doté de l’arme nucléaire
Pays de l’OTAN hébergeant des armes nucléaires américaines
Pays ayant eu un programme nucléaire
Ex-république soviétique ayant hébergé l’arme nucléaire

Russie - Ukraine

L’invasion russe de l’Ukraine, en 2022, s’accompagne du retour explicite de la menace du recours à l’arme nucléaire en Europe. Vladimir Poutine s’en sert pour dissuader toute intervention directe de l’OTAN : une logique de « sanctuarisation agressive », concept pensé dès la fin de la guerre froide, où la menace nucléaire lui ménage un espace de liberté d’action militaire sur le territoire ukrainien.

Corée du Nord

Depuis qu’elle a annoncé son retrait officiel du traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) en 2003 – un retrait contesté par une partie de la communauté internationale –, la Corée du Nord développe activement un programme nucléaire. Elle a notamment renforcé ses capacités en missiles balistiques qui peuvent emporter des charges conventionnelles ou nucléaires. Pyongyang met régulièrement en scène ces capacités par des tirs, comme récemment, en mars et en avril, en direction de la mer du Japon.

Chine - Etats-Unis

La rivalité sino-américaine ravive les enjeux stratégiques liés au nucléaire. Pékin assume la modernisation et l’expansion de son arsenal, même s’il ne communique pas de chiffres précis. Selon les estimations américaines, la Chine pourrait être dotée de plus de 1 000 têtes nucléaires opérationnelles d’ici à 2030, contre environ 600 aujourd’hui : une montée en puissance qui s’inscrit dans la volonté de se rapprocher des capacités des Etats-Unis, sur fond de tensions croissantes autour de Taïwan.

Iran - Israël - Etats-Unis

La crise iranienne actuelle illustre les tensions persistantes autour du TNP. Téhéran avait ratifié ce traité sous le régime du chah en 1970. Des soupçons sur la dimension militaire de son programme nucléaire sont apparus après la révolution islamique de 1979, sur fond de guerre Iran-Irak, dans les années 1980.
Depuis les années 2000, Téhéran entretient une ambiguïté autour de ses activités nucléaires, officiellement civiles, alimentant les inquiétudes de la communauté internationale. En juin 2025, puis de nouveau depuis le 28 février, Israël et les Etats-Unis ont mené des « frappes préemptives », présentées comme une réponse à l’échec des négociations et à la perception d’une menace imminente.

Inde - Pakistan

La guerre de quatre jours, en mai 2025, entre l’Inde et le Pakistan illustre le rôle stabilisateur que peut jouer la dissuasion nucléaire. Dans ce conflit, le fait que les deux pays soient dotés de l’arme nucléaire, ainsi que des rumeurs de frappes indiennes et d’un relèvement d’alerte pakistanais semblent avoir contribué à enrayer l’escalade.

De la prolifération au retour de la compétition nucléaire

Depuis 1945, l’arme nucléaire façonne les rapports de force. Après plusieurs décennies de limitation et de réduction des arsenaux, les équilibres hérités de la guerre froide se fragilisent.

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