En direct Mercredi 9 Septembre 2026
Géopolitique

Conflit commercial avec les Etats-Unis : Le Canada riposte aux surtaxes américaines

Les mesures contre des produits américains sont entrées en vigueur alimentant un conflit dont une issue prochaine semble lointaine. Soutenu par l’opinion publique canadienne, le premier ministre, Mark Carney, fait un pari risqué face à la surenchère de Donald Trump.

Conflit commercial avec les Etats-Unis : Le Canada riposte aux surtaxes américaines
HaitiCreoleRadio.com

Le Canada a riposté, mardi 8 septembre, dans la guerre commerciale qui l’oppose aux Etats-Unis, avec des surtaxes touchant une série de produits américains. Le conflit entre les deux voisins a atteint un niveau sans précédent depuis la rupture, le 21 août, par le Canada des négociations avec la Maison Blanche.

Le premier ministre, Mark Carney, avait alors accusé les Etats-Unis d’avoir voulu imposer et d’avoir in fine pour objectif de faire du Canada une « filiale » et de « détruire » son industrie.

Déterminé à réduire l’énorme dépendance économique du Canada à l’égard de son grand voisin, M. Carney a averti ses compatriotes que « ce changement de cap aura[it] un coût ». Mais le « coût de l’immobilisme » serait bien supérieur, a-t-il affirmé. « Il s’agit de ce que nous sommes en tant que Canadiens, (…) du pays que nous voulons laisser à nos enfants », a-t-il insisté, martelant que l’avenir du Canada « ne sera (it) pas décidé à Washington ».

Lire aussi le décryptage | Article réservé à nos abonnés L’échec des discussions commerciales entre les Etats-Unis et le Canada met à l’épreuve la stratégie de fermeté d’Ottawa

Ces droits de douane de 15, 25 ou 50 % touchent environ 20 milliards de dollars de produits américains, soit 27,6 milliards de dollars canadiens, de l’acier aux produits laitiers en passant par l’électronique ou la pâte à papier. Un montant correspondant « au dollar près », selon Ottawa, à celui des produits canadiens visés depuis le 22 août par des surtaxes américaines de 50 %.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Droits de douane : la riposte « ciblée » et « stratégique » du Canada contre Donald Trump

Soutenu par l’opinion publique canadienne, le premier ministre fait ici un pari risqué économiquement tant le Canada est dépendant des Etats-Unis avec près de 60 % des importations du Canada qui en proviennent et environ 70 % de ses exportations qui s’y destinent. Il mise notamment sur le lancement de grands projets énergétiques ou miniers et sur la recherche de nouveaux partenaires commerciaux pour s’affranchir des Etats-Unis.

Une crise sans précédent

Pas de sortie de crise en vue, alors que le président américain, Donald Trump, a menacé mardi de compliquer la vie des entreprises canadiennes en leur bloquant l’accès à un programme de commandes publiques pouvant représenter jusqu’à 50 milliards de dollars par an.

Il avait par ailleurs publié, dimanche, sur son compte Truth Social un dessin généré par l’intelligence artificielle le montrant en train de jouer au hockey sur glace contre Mark Carney, qui est à terre. « Debout Gouverneur », lui intime-t-il dans ce dessin, comme si le premier ministre canadien n’était que le gouverneur d’un Etat américain.

Les appels répétés de Donald Trump à faire du Canada le 51e Etat américain passent très mal dans le pays, tout comme la signature récente d’un décret pour changer le nom du lac Ontario, dont les eaux sont partagées entre les deux voisins, en « lac Amérique ». Le dirigeant de la province occidentale de Colombie-Britannique, David Eby, a d’ailleurs dévoilé mardi de nouveaux panneaux devant être installés à la frontière américaine et annonçant que le Canada ne « sera JAMAIS le 51e Etat américain, désolé ! ».

Lire aussi le décryptage | Article réservé à nos abonnés Au Canada, le retour du front commun contre Donald Trump après l’échec des discussions commerciales

Le groupe aérospatial canadien, Bombardier, s’est retrouvé par ailleurs au centre du conflit commercial après des menaces de boycott proférées, lundi, par M. Trump. Des pressions qui ont semé le trouble chez les deux sénateurs républicains du Kansas où l’entreprise canadienne emploie plus de 1 000 personnes. L’un d’eux, Jerry Moran, a déclaré sur son compte X « avoir contacté l’administration Trump pour [s’]assurer que le Président est conscient de l’importante contribution de Bombardier » dans cet Etat.

Mais, malgré l’escalade, la ligne n’est toutefois pas totalement coupée entre les deux pays. Si « aucune négociation commerciale officielle » n’a repris, « les responsables canadiens et américains poursuivent leurs discussions sur toute une série de questions », a reconnu, mardi, un porte-parole du négociateur canadien, Dominic LeBlanc.

Le Monde avec AFP

S’abonner
Article précédent En tournée en Amérique latine, Marco Rubio promet une « coop… Article suivant OpenAI dit avoir résolu un problème de maths majeur mais cré…

Commentaires (0)

Laisser un commentaire

0 / 2000 caractères

Aucun commentaire. Soyez le premier !