[Cet article est extrait du numéro 1868 de Courrier international, “Moustiques. Comment s’en débarrasser”, en vente du 20 au 26 août 2026]

Il est moins lourd qu’une photographie de lui-même. Il est pourtant le plus impitoyable des êtres vivants de la planète, un tueur assoiffé de sang, bien décidé à nous empoisonner la vie, en particulier lors des douces soirées d’été. Un assassin presque silencieux qui sait choisir son moment, celui où nous sommes le plus vulnérables.

Il nous poursuit jusque dans notre propre lit, bourreau sans peur et sans reproche de notre sommeil, brisant le fragile espace qui sépare l’assoupissement du sommeil profond. Cet ennemi, d’une implacable ténacité, nous condamne à lui livrer un combat nocturne perdu d’avance, profondément inégal. J’ai nommé – vous l’aurez compris – le moustique.

À la tombée de la nuit, tandis que le ventilateur ronronne et que la radio murmure, elle entre en chasse. Car oui, seule la femelle s’en prend à nous. Le bourdonnement lancinant de ses ailes, fendant l’air près de 400 fois par seconde [de 600 à 1 000 battements par seconde selon le Muséum d’histoire naturelle], fait courir un frisson le long de l’échine. Une sorte d’alarme sadique annonçant une menace que l’on ne parvient à localiser que lorsqu’il est trop tard.

Car au mome