C’est une équipe espagnole “prodigieuse” qui s’est qualifiée mardi pour sa deuxième finale de Coupe du monde, exulte El País. La Roja a signé “une performance mémorable” face à l’équipe de Didier Deschamps, “la seule qui avait gagné tous ses matchs” jusqu’à ce mardi à Dallas, où “l’Espagne a montré son visage le plus beau et le plus autoritaire”.
Les hommes de Luis de la Fuente ont pris l’avantage dès la 22e minute sur un penalty de Mikel Oyarzabal, à la suite d’une faute de Lucas Digne sur Lamine Yamal, avant de confirmer leur supériorité à la 58e avec un but de Pedro Porro.
“La Roja a battu la France – jusque-là la meilleure équipe du tournoi – mais a surtout gagné l’admiration et le respect des amateurs de football du monde entier”, renchérit AS. “Difficile de jouer mieux que cela, de dompter une équipe aussi talentueuse et de faire passer pour ordinaires des joueurs tels que Mbappé, Olise et Dembélé”.
“C’est pourtant exactement ce qu’a accompli l’Espagne, validant ainsi sa place pour la finale de dimanche prochain” dans le New Jersey, où elle sera opposée à l’Angleterre ou à l’Argentine, qui disputent leur demi-finale mercredi à Atlanta. “Le rêve d’une deuxième étoile est désormais à portée de main”, tremble le quotidien sportif espagnol.
Les “Quatre Invisibles”
La France, de son côté, est passée des “Quatre Fantastiques” aux “Quatre Invisibles”, ironise ESPN. “Après un parcours exceptionnel jusqu’ici dans ce Mondial, le redoutable quatuor offensif français – Mbappé, Olise, Barcola et Dembélé – s’est volatilisé au pire moment”, constate le média sportif. “L’Espagne a certes su les étouffer et les rendre ordinaires, mais il s’agit bien d’un échec, tant individuel que collectif, des principaux atouts français”.
En Italie, La Gazzetta dello Sport est plus dure encore, décrivant avec peut-être un peu d’exagération une équipe de France “anéantie, la plus laide et la plus insignifiante de mémoire récente en Coupe du monde”, qui “rentre chez elle après s’être bercée d’illusions et avoir fait croire à tout le monde que le trophée mondial était pour elle”.
Le journal sportif salue à l’inverse une Espagne “tout simplement incroyable”,“magnifique, dominante, supérieure en tout point” et décrochant une place en finale “amplement méritée”.
Un constat partagé en partie par Kylian Mbappé lui, dans ses commentaires d’après-match. “Je pense qu’on n’a pas fait le match qu’on voulait faire, que ce soit tactiquement, que ce soit même techniquement”, a-t-il déclaré, dans des propos cités dans un autre article de ESPN. “Et quand tu ne fais pas ce que tu es censé faire dans une demi-finale de Coupe du monde, tu ne gagnes pas”, a-t-il ajouté.
L’effondrement de la France, pour évident qu’il soit, n’en demeure pas moins surprenant pour de nombreux médias internationaux, du Royaume-Uni à la Malaisie. Déboussolé par une équipe de France “étonnamment atone”, The Guardian montre du doigt Didier Deschamps, qui “s’est trompé dans les grandes décisions”.
Pour le quotidien britannique, le sélectionneur français “a rappelé Aurélien Tchouaméni, de nouveau en forme, mais le milieu de terrain n’a presque rien enchaîné”. Quant à Bradley Barcola, “préféré à gauche à Désiré Doué”, il n’a fait preuve “d’aucun sang-froid dans les rares occasions où il a gagné du terrain”.
Pour Free Malaysia Today, les favoris de la Coupe du monde étaient “méconnaissables” mardi, “errant durant cette demi-finale comme si on avait discrètement effacé tous ses repères habituels”. Or l’Espagne “n’a pas submergé la France par un football offensif incessant, elle l’a stupéfiée par sa maîtrise”, analyse le site.
“Pendant des semaines, la France a dégagé une aura d’inévitabilité”, ajoute-t-il. “Sa pléthore d’attaquants avait convaincu beaucoup de gens que cette Coupe du monde leur était promise. Les Espagnols n’ont jamais cherché à égaler cette puissance de feu, ils ont préféré discrètement démanteler la plateforme qui permettait son existence”.
L’Espagne désormais favorite
Maintenant que la France est éliminée, l’Espagne, “rayonnante d’assurance et confiance en elle, va être difficile à arrêter” et fait désormais figure de favorite, juge The Guardian.
“Peut-être avons-nous sous-estimé l’Espagne”, reconnaît pour sa part The New York Times, qui se demandait encore, après la victoire en quarts de la France contre le Maroc : “Peut-on arrêter la France ? ”.
Pour le quotidien américain, “l’Espagne semble être passée relativement inaperçue durant cette Coupe du monde, jusqu’à présent. Le match nul concédé d’entrée face au Cap-Vert a été perçu comme une contre-performance, et il était difficile de s’enthousiasmer outre mesure pour la suite d’une phase de groupes marquée par des victoires contre l’Arabie saoudite et une équipe d’Uruguay en petite forme”.
“Il est temps de revoir votre jugement si vous aviez des doutes”, lance-t-il désormais. “La victoire éclatante de l’Espagne face à la France a rappelé qu’aucune équipe au monde ne maîtrise mieux le jeu de passes”.
Avant sa demi-finale contre la France, l’Espagne prie pour un nouvel “éclair de génie” de Lamine Yamal
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