Dans la centrale nucléaire désaffectée de Biblis, dans le Land de Hesse, les hirondelles ont pris leurs quartiers. Elles sont des dizaines à virevolter autour des bâtiments en cours de démantèlement : les hauts portiques adossés aux enceintes de confinement offrent aux oiseaux des refuges imprenables pour construire leurs nids. Dans ce coin de verdure au bord du Rhin, à 60 kilomètres au sud de Francfort, la nature semble avoir repris ses droits. Biblis, entrée en service en 1977, a été l’une des premières centrales nucléaires arrêtées par le gouvernement d’Angela Merkel il y a quinze ans, peu après l’accident de Fukushima, au Japon, le 11 mars 2011.
« Les écologistes du coin ont insisté pour qu’on préserve les nids d’hirondelles de la centrale. Il a fallu trouver d’autres lieux de nidification… », explique Markus Roth en faisant visiter les lieux. Le scientifique de 61 ans, professeur en physique des lasers et des plasmas à l’Université technique de Darmstadt (Hesse), n’a pas vraiment les volatiles en tête de ses priorités. Ce fan revendiqué de science-fiction, intarissable vulgarisateur scientifique, a quitté en 2021 le confort de la recherche universitaire pour l’entrepreneuriat, dans le but de réaliser le rêve de sa vie : domestiquer l’énergie du futur.
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