Jusqu’à la dernière minute, Rocio Salcedo n’a eu « aucune idée » du nombre d’élèves qui effectueraient leur rentrée dans l’établissement public qu’elle dirige à Ceuta. Mardi 8 septembre, comme presque partout en Espagne, l’année scolaire a commencé dans la ville autonome nord-africaine, située en face de Gibraltar. L’école maternelle et primaire Principe-Felipe (« Prince Philippe ») se trouve à une centaine de mètres du poste-frontière de Tarajal, là où 141 personnes sont mortes, les 30 et 31 juillet, lorsque quelque 70 000 migrants, selon le gouvernement espagnol, ont pénétré illégalement en Espagne, la plupart à la nage.
Peu avant 9 heures, mardi, une quarantaine d’élèves arrivent au compte-gouttes accompagnés de leurs parents, à l’entrée des classes de primaire. « C’est si peu, comparé aux 200 enfants que nous accueillons habituellement », se désole Rocio Salcedo, qui a sous son autorité 35 enseignants et personnels administratifs. Désemparée, la fonctionnaire montre un formulaire distribué ces derniers jours par le Forum citoyen d’aide à Ceuta et Melilla. Le document propose aux parents d’élèves de demander une autorisation d’absence de leurs enfants, en raison du « contexte d’incertitude [qui] risque d’affecter la sécurité et la tranquillité des familles ».
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